Démystifier la science | Quand le junco quitte les mangeoires

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Où vont les juncos lorsqu’ils quittent nos mangeoires ?
Il s’agit d’une espèce qui est de plus en plus présente au Québec grâce à la prolifération des mangeoires installées par des ornithologues, selon Alexandre Terrigeol, directeur aux opérations de l’Observatoire d’oiseaux de Tadoussac.
« Le junco ardoisé est probablement l’une des espèces les plus abondantes parmi les bruants, avec des millions d’individus au Québec, ailleurs au Canada et aux États-Unis », dit M. Terrigeol. L’hiver, l’accès aux graines dans le sol est plus difficile à cause de la neige. Ils migrent alors un peu vers le sud. Mais s’il y a assez de mangeoires, ils ne migrent pas. Et l’été, ils vont dans la forêt boréale, où il y a plus de nourriture qu’ils ne peuvent en trouver dans les mangeoires. »
M. Terrigeol a été témoin d’un spectacle qui montre cette abondance de juncos au Québec : plus de 120 000 ont été vus à l’observatoire de Tadoussac en une seule journée en avril dernier, deux fois plus que le précédent record.
« Ils sont venus parce que le temps s’était réchauffé, mais quand ils sont arrivés sur la Côte-Nord, il ne faisait pas assez chaud pour qu’il y ait assez de nourriture, alors ils sont retournés vers les mangeoires plus au sud au Québec, dit M. Terrigeol. Ça a été un bon printemps pour les observations près des mangeoires. »
Quand ils ne trouvent plus assez de nourriture, les juncos du Québec migrent rarement plus au sud que le centre des États-Unis. « Ce sont des migrateurs de courte distance. »
Une partie des juncos qui passent l’été dans la forêt boréale très au nord transite d’ailleurs fin septembre par Tadoussac. L’Observatoire organise à partir du 21 septembre une semaine d’ornithologie.
Consultez la programmation du Festival des oiseaux migrateurs de la Côte-Nord
Dans le sud du Québec, le junco se trouve davantage en altitude, parce qu’il préfère les températures plus fraîches, dit M. Terrigeol.
Maladies
Quand les juncos et d’autres oiseaux ayant des comportements similaires, comme le bruant à gorge blanche, désertent les mangeoires, il vaut mieux ne plus les remplir, selon M. Terrigeol. « Dans la forêt, ils retrouvent des insectes qui sont beaucoup plus énergétiques comme provisions pour eux. À l’automne et à l’hiver, les insectes ne sont pas assez développés, alors ils se nourrissent de graines. Si on continue à remplir les mangeoires l’été, on augmente le risque de transmettre des maladies aviaires sans qu’il y ait un avantage pour la survie des oiseaux. »
Y a-t-il encore des choses que l’on ne sait pas sur le junco ? « Il y a des fluctuations naturelles de la quantité de juncos qu’on comprend mal, dit M. Terrigeol. C’est probablement lié à la nourriture, mais quel type de nourriture ? Aussi, comme c’est un oiseau plus forestier, notre façon d’exploiter la forêt peut avoir un impact sur les populations de juncos. On sait qu’ils profitent de milieux ouverts après les coupes, au détriment d’autres espèces plus associées aux vieilles forêts, comme le grand pic, la nyctale et le pic à dos rayé. »
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- LES OISEAUX AU QUÉBEC
- Nombre d’espèces habitant en permanence le Québec : 281
Nombre d’espèces présentes seulement occasionnellement : 162
Nombre d’espèces migratrices présentes au Québec : 25
Nombre d’espèces disparues du Québec : 4
Source : Oiseaux Québec
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