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Tuesday, October 20, 2026

Au lendemain de l’incendie dans Saint-Michel | Une centaine de sinistrés plongés dans l’incertitude

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Au lendemain de l’incendie qui a ravagé un immeuble à logements dans le quartier Saint-Michel, la centaine de locataires jetés à la rue se disent encore « sous le choc ». Et leur cauchemar est loin d’être terminé : la Croix-Rouge ne leur assure un hébergement que pour 72 heures seulement.

Publié à Mis à jour à

Dans la petite chambre d’hôtel, Amira S. berce son bébé de trois mois. Sur l’autre lit, sa fille de 4 ans boit un carton de jus d’orange, vêtue d’un pyjama rose.

La veille, la petite famille a atterri d’urgence dans cet hôtel en bordure de l’autoroute 40, sans valise.

Elle fait partie de la centaine de locataires prise en charge par la Croix-Rouge après avoir été jetée à la rue par un incendie qui a ravagé leur immeuble, dans le quartier Saint-Michel.

« Ils nous ont dit qu’on serait ici pour trois jours, mais après, je ne sais pas. J’ai aucune idée. C’est une situation difficile. Je suis aux études, j’ai deux enfants », laisse tomber Amira S., qui a préféré ne pas donner son nom complet.

La jeune mère raconte qu’elle était chez elle lorsque l’incendie s’est déclenché, mardi après-midi. Sa fille se trouvait dans la garderie située au rez-de-chaussée de l’immeuble.

« Quand l’alarme a sonné, j’ai pris mon bébé et je suis sortie », raconte la jeune mère.

Elle a tout laissé derrière : son cellulaire, son portefeuille, les chaussures de la petite, les couches du petit…

« La Croix-Rouge nous a donné de la nourriture. Un pompier m’a acheté du lait et des couches », affirme Amira S. Un bon d’argent lui a aussi été offert, pour s’acheter les essentiels.

Mais malgré l’aide reçue, la jeune mère angoisse à l’idée de ne pas pouvoir retourner chez elle. Pour l’instant, elle ignore l’ampleur des dégâts.

« Les pompiers ont dit que pour deux jours à trois jours, c’est inaccessible », dit celle qui étudie à la maîtrise en génie de la construction.

« Je suis sous le choc. »

Brahim Aymen a lui aussi été relogé par la Croix-Rouge, dans un autre hôtel. Il trouve également toute cette incertitude difficile à supporter.

« Nous sommes logés à l’hôtel pour trois jours seulement. Le propriétaire nous a prévenus qu’après ce délai, nous devrons nous débrouiller seuls pour trouver un logement », confie-t-il dans un message envoyé à La Presse.

« Pour l’instant, nous ne savons absolument pas où aller ni quoi faire. »

L’immeuble situé au 7930, boulevard Saint-Michel, comprenant 36 logements et trois espaces commerciaux, est pour l’instant inhabitable. Au moment du passage de La Presse, mardi matin, quelques pompiers s’affairaient à inspecter les lieux. L’édifice est toujours debout, mais tous les locaux au rez-de-chaussée sont noircis par les flammes. D’une valeur de 5,6 millions selon le rôle municipal, l’immeuble a été construit en 1988. Il n’a pas été possible de joindre son propriétaire, l’exploitant de bâtiments résidentiels et de logements Groupe PNT.

Tous les locataires sinistrés, soit 87 personnes, n’ont pas eu besoin d’être hébergés dans un hôtel, précise Jean-Sébastien Pariseau, porte-parole de la Croix-Rouge canadienne, division Québec. « Certains ont pu aller dans leur famille. Mais c’est quand même beaucoup de gens pour lesquels il faut trouver de l’hébergement. On avait plusieurs bénévoles sur place, les circonstances sont loin d’être drôles, mais l’opération s’est quand même bien déroulée. »

Après trois jours, c’est l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) qui prend le relais pour trouver un logement aux familles touchées, indique-t-il.

Sur les lieux, lundi, un centre d’accueil et d’information a été ouvert pour rencontrer tous les résidants de l’immeuble. Un autre centre accueillera les sinistrés ce mardi entre 16 h et 20 h à l’aréna Saint-Michel, à quatre coins de rue de l’édifice incendié. « On fait vraiment l’évaluation individuelle, dépendamment de leurs besoins, indique le porte-parole. Il nous en reste six autres à rencontrer. Quand un évènement comme celui-là arrive en fin de journée, souvent les gens sont à l’extérieur, on les rencontre juste le soir ou le lendemain. »

De l’aide psychologique est également apportée, assure-t-il. « Les bénévoles sont vraiment habitués à travailler à cela, à prendre soin et à donner du réconfort. Ça fait partie des services. » C’est dans cette optique qu’on donne des oursons aux enfants et des couvertures aux adultes, même l’été. « En pleine canicule, les gens prenaient des couvertures juste parce que ça les rassurait », rapporte M. Pariseau.

Les causes de l’incendie, qui a mobilisé plus de 150 pompiers à partir de 12 h 45 jusqu’à 22 h lundi, demeurent inconnues.

37 personnes par jour au Canada

En moyenne, au Canada, la Croix-Rouge vient chaque jour en aide à 37 personnes à la suite de sinistres à petite échelle, comme des incendies résidentiels.

En 2025-2026, selon son rapport annuel, plus de 68 900 articles de première nécessité, comme des couvertures, des oursons en peluche, des trousses d’hygiène ou des lits pliants, ont été distribués pour venir en aide aux personnes éprouvées par une catastrophe ou une situation d’urgence.

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