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Thursday, October 15, 2026

«Faites du bruit pour Jésus»: quand Dieu séduit les jeunes

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Le documentaire Faites du bruit pour Jésus, qui aborde la montée en popularité de l’évangélisme auprès des jeunes Québécois, fait jaser. Le journaliste Clément Hamelin, qui l’anime, constate un déferlement de réactions de toutes sortes depuis sa diffusion et depuis qu’il a lui-même participé à l’émission Tout le monde en parle dimanche.

« C’est plus qu’on aurait pu imaginer. Ce qui me touche, c’est le dialogue que ça a créé en ligne. J’ai reçu des tonnes de messages, tellement que je ne peux pas tout aller lire. Il y a des témoignages d’ex-chrétiens, de nouveaux chrétiens, de gens athées », rapporte M. Hamelin, lui-même dans la vingtaine et athée, en entrevue avec Le Devoir. Mercredi, le documentaire faisait partie du palmarès des 10 contenus francophones les plus populaires sur la plateforme Crave.

Pour le journaliste indépendant, tout a commencé lorsqu’un jeune influenceur fêtard à propos duquel il voulait faire un reportage lui a fait une annonce surprenante. Il avait trouvé Dieu. Une fois passé le sentiment d’incrédulité, M. Hamelin a découvert qu’il faisait partie d’un mouvement qui, bien que marginal, prend de l’ampleur. Sur les réseaux sociaux, plusieurs influenceurs québécois prêchant la parole de Dieu sont très populaires auprès des jeunes. Certains effectuent même des guérisons qui semblent miraculeuses.

Pendant environ deux ans, cet ancien journaliste d’Urbania a observé le phénomène. Il a tissé des liens. Il a visité divers rassemblements chrétiens. Il a mené plusieurs entrevues. Surtout, il a voulu comprendre ce qui attirait un nombre croissant de jeunes vers une religion qui n’est pas nécessairement celle de leurs parents.

« Les jeunes à qui je parle, ce ne sont pas des catholiques comme mes grands-parents, mais plutôt des chrétiens évangéliques », spécifie M. Hamelin au début du documentaire réalisé par Xavier Havitov.

Il s’agit de protestants pour qui il est très important de propager la bonne nouvelle — et qui ne se gênent pas pour le faire en public. C’est le mouvement auquel appartenait l’influenceur américain pro-Trump Charlie Kirk, dont la popularité a pris de l’ampleur depuis son assassinat, souligne M. Hamelin.

Une solution à leurs maux

Qu’est-ce qui attire les nouveaux adeptes ? Pourquoi plonger dans des bassins d’eau à l’âge adulte pour se faire baptiser et « naître à nouveau » ? Les récits de conversion se recoupent beaucoup : alors qu’ils traversaient des moments de grande détresse, ils se sont tournés vers Dieu et, depuis ce temps, leur vie va vraiment mieux. Jésus serait donc la solution à tous les problèmes. Des experts en théologie, en psychologie et en communication qui ont étudié ce phénomène sont invités dans le documentaire à contextualiser les propos des croyants.

« Quand tu es dans la vingtaine et que tu es en quête de sens, l’aspect communautaire vient remplir un grand vide. Les évangélistes sont aussi des pros de la communication, et les réseaux sociaux sont la clé », explique le journaliste.

« À un moment donné, dans son parcours de vie, un jeune est exposé à une forme d’évangélisme. Il y a une étincelle, poursuit-il. Quand il se fait inviter à l’église et qu’il arrive, c’est un énorme party avec un karaoké géant et de la grosse musique qui vient chercher l’émotion. Il trouve une réponse à ses questionnements. C’est ce qui m’amène au dernier point : le laisser-aller. Cette religion-là prône beaucoup que Dieu a un plan pour toi et que, si tu lui fais confiance, ta vie va bien aller. »

Quoi de plus rassurant pour une personne en perte de repères ?

Ouverture et remise en question

Lors de ses entrevues, Clément Hamelin aborde avec les intervenants leur position contre l’avortement, contre l’homosexualité et pour la soumission des femmes. Il adopte le ton de l’ouverture, mais il ose poser des questions difficiles, quitte à ce qu’ils en sortent un peu « brassés ».

N’est-il pas injuste qu’un meurtrier converti aille au ciel alors qu’une dame athée n’ayant fait de mal à personne se retrouvera en enfer ? Si Dieu accepte seulement les gens qui croient en lui dans son paradis, est-ce qu’il ne fait pas ça un peu pour son ego ? Est-ce que la période où tu as été homosexuel t’a fait du bien ? Des moments de silence suivent certaines de ces questions.

Clément Hamelin espère que son film nous incitera collectivement à nous pencher sur l’épidémie de solitude et de mal-être qui touche les jeunes. Activités parascolaires collectives, groupes sportifs, camps de vacances, services de psychothérapie : pourrait-on investir davantage pour leur offrir d’autres pistes de solution ?

View the original on Le Devoir →

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