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Tuesday, September 29, 2026

Guerre en Ukraine | Ottawa annonce des fonds en aide aux enfants ukrainiens victimes d’enlèvements

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(Toronto) Des Ukrainiens qui ont survécu à la captivité russe remercient le Canada pour son soutien et pour le financement de programmes destinés à aider les enfants à guérir de leurs traumatismes.

Publié à Mis à jour à

Dylan Robertson La Presse Canadienne

Dariia Tomashova, 18 ans, a raconté lundi lors d’une conférence à Toronto qu’elle s’était échappée de Crimée il y a 4 mois, après avoir tenté pendant un an de fuir cette région ukrainienne annexée par la Russie en 2014.

« Des enfants ont été transformés en Russes, en zombies », a-t-elle dit par l’intermédiaire d’un interprète.

Toute mention selon laquelle la Crimée faisait partie de l’Ukraine avait été supprimée du cursus scolaire, tout comme toute référence à la répression soviétique contre les peuples autochtones de l’île, a expliqué Dariia Tomashova. Les enfants étaient contraints d’écrire des lettres de soutien aux troupes russes.

« Nous n’avons pas compris à ce moment qu’on nous préparait à la vraie guerre, que ces moments où on enseignait aux filles de 10 ans des soins médicaux tactiques, aux garçons à manier des armes, signifiaient qu’on nous entraînait à devenir des soldats russes », a-t-elle évoqué, marquant une pause pour retenir ses larmes.

Mme Tomashova s’exprimait lors d’une conférence de deux jours visant à faire avancer les efforts pour ramener les enfants ukrainiens retenus en captivité en Russie et dans les territoires ukrainiens qu’elle occupe.

Le retour des enfants n’est que le début de leur sauvetage

En 2024, le gouvernement Trudeau a lancé, conjointement avec l’Ukraine, une coalition internationale de pays engagés à retrouver et à rapatrier les enfants ukrainiens enlevés par la Russie après l’invasion de l’Ukraine par Moscou en 2014 et le déclenchement d’une invasion à grande échelle en 2022.

Les autorités ukrainiennes font état de plus de 20 651 cas présumés de déportations illégales ou de transferts forcés d’enfants ukrainiens vers la Russie ou les territoires de l’est de l’Ukraine occupés par la Russie.

Les responsables ukrainiens indiquent que 2573 de ces enfants ont été ramenés.

« Bring Kids Back » (Ramenez les enfants), une coalition lancée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a rapporté que beaucoup des enfants enlevés puis ramenés en Ukraine ont déclaré avoir subi des violences physiques et sexuelles.

L’une des organisations membres de cette coalition, « Save Ukraine » (Sauvez l’Ukraine), a utilisé des fonds canadiens pour venir en aide à des Ukrainiens victimes d’abus sexuels pendant leur détention par les autorités russes ou dans des familles d’accueil.

« Leur sauvetage ne fait que commencer lorsqu’ils reviennent du piège russe, car, compte tenu du traumatisme qu’ils ont subi, nous devons leur apporter un soutien constant, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, pendant des mois, voire parfois des années », a déclaré Mykola Kuleba, cofondateur de Save Ukraine, lors d’une entrevue.

« Nous sommes tellement reconnaissants envers le Canada, qui dirige et soutient nos missions de sauvetage », a-t-il ajouté.

M. Kuleba a appelé à davantage de pressions et de sanctions à l’encontre de la Russie, affirmant que cela permettrait à davantage d’enfants de rentrer chez eux.

« Pas un hasard »

Lundi, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a annoncé un nouveau financement de 863 000 $ destiné aux organisations de la société civile en Ukraine qui viennent en aide aux enfants et aux familles de retour au pays. Cette somme porte à 7 millions le financement total accordé par le Canada à ces efforts.

PHOTO SAMMY KOGAN, LA PRESSE CANADIENNE

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Anita Anand

Mme Anand a indiqué que le Canada avait eu recours à l’intelligence artificielle pour localiser des enfants ukrainiens et des prisonniers de guerre. Elle a souligné que les autorités russes avaient changé les noms des enfants, ce qui compliquait la vérification de l’identité des personnes se trouvant dans un « camp d’endoctrinement ».

« Ce n’est pas un hasard, ce n’est pas une conséquence collatérale de la guerre. Il s’agit d’une manœuvre systématique visant à séparer les enfants ukrainiens de leur pays », a-t-elle dit lors d’une conférence de presse.

« Ils doivent cesser d’entraver leur retour, fournir des informations sur l’endroit où se trouvent ces enfants et cesser de modifier leur identité. »

Les alliés de l’Ukraine ont élargi leurs efforts de réunification pour y inclure les civils adultes et les prisonniers de guerre capturés dans les régions ukrainiennes occupées par la Russie.

Vivre avec une peur qui nous consume

Margaryta Shabanova a raconté que son mari avait été emmené par des responsables russes en 2022 alors qu’il travaillait au sein d’une mission d’observation indépendante dans la région occupée de Louhansk.

PHOTO SAMMY KOGAN, LA PRESSE CANADIENNE

Margaryta Shabanova

Elle a expliqué avoir appris qu’il était en vie que lorsqu’une vidéo a fait surface, montrant son mari émacié, accusé d’espionnage pour son travail au sein de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), une organisation dont le Canada et la Russie sont tous deux membres.

« D’y penser trop, à où il pourrait être et à ce qu’il endure peut-être là-bas, c’est quelque chose qu’on apprend à gérer. Pas parce que la peur s’en va, mais parce qu’on ne peut plus fonctionner si on la laisse nous consumer », a dit Mme Shabanova.  

Mmes Tomashova et Shabanova faisaient partie des quatre Ukrainiens qui ont raconté leur expérience lors de la conférence de cette semaine. Des dizaines de pays ont envoyé des représentants à cette conférence, notamment tous les pays du G7, la plupart des États européens et d’autres nations, telles que le Qatar et le Honduras.

Mais les drapeaux de plusieurs grands pays du G20 étaient absents, notamment ceux du Brésil, de la Chine, de l’Inde, de l’Indonésie et de l’Arabie saoudite. Affaires mondiales Canada n’a pas immédiatement répondu lorsqu’on lui a demandé la liste des participants à la conférence.

Mme Anand a dit qu’une diplomatie complexe avait été nécessaire pour faire sortir les enfants de Russie et des territoires ukrainiens occupés. Elle a ajouté que les discussions directes menées par l’Inde avec la Russie avaient aidé le Canada à mieux comprendre les différentes actions russes dans le cadre de la guerre.

« J’ai eu de nombreuses discussions avec des ministres des Affaires étrangères du monde entier sur ce que nous pouvons faire de plus pour dialoguer indirectement, et dans certains cas directement, avec la Russie », a-t-elle dit.

« Nous comptons beaucoup sur l’ensemble des pays pour nous aider dans ce processus. »

Les discussions de cette semaine se déroulent à Toronto, où la tour CN devait projeter lundi soir les couleurs bleu et jaune du drapeau ukrainien.

Depuis mars 2023, le président russe Vladimir Poutine et un haut responsable russe font l’objet de mandats d’arrêt délivrés par la Cour pénale internationale pour déportation et transferts illégaux d’enfants.

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