Guerre au Yémen: le nombre de déplacés dans des situations extrêmes pourrait battre des records, selon l’ONU

Au moins 154 personnes sont mortes ces derniers jours au Yémen, dans les combats entre les Houthis et les forces loyalistes soutenues par l'Arabie saoudite. Les violences poussent de plus en plus d'habitants à fuir dans le pays et à l'étranger. Plus de 130 000 personnes ont déjà été déplacées depuis le début du mois, mais ce chiffre pourrait atteindre 230 000, selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés.
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À Genève, le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) craint un véritable exode. Au moins 130 000 Yéménites ont déjà fui les violences. Pour beaucoup d'entre eux, c'est tout sauf la première fois. Avant même la reprise des combats ce mois-ci, le pays comptait plus de 5 millions de déplacés internes, accumulés depuis le début de la guerre en 2014.
C'est ce qu'explique Babar Baloch, porte-parole du HCR, au micro de notre correspondant à Genève, Jérémy Lanche : « Environ 70 % des nouveaux déplacés sont des femmes et des enfants, dit le responsable onusien. Et ce que ces déplacés nous disent, notamment les mamans, c'est que c'est la quatrième fois qu'elles ont dû fuir » avec les enfants.
« La grande majorité des 130 000 personnes qui sont sur les routes, qui cherchent un refuge et qui ont besoin d'aide humanitaire aujourd'hui, ce sont des populations qui s'étaient établies dans des campements plus ou moins informels, qui bénéficiaient d'une aide humanitaire, qui essayaient quelque part de retrouver un semblant de vie normale et qui sont a nouveau choqués par la guerre et dans le besoin de fuir », confirme Thomas Janny, directeur Moyen-Orient de l'organisation humanitaire Solidarités International, joint par Guilhem Delteil, du service international de RFI.
Le nombre d'exilés pourrait très rapidement augmenter, si rien ne change. « L'intensification des combats au Yémen pourrait provoquer de nouveaux déplacements massifs ; un nombre croissant de personnes devraient fuir, tant à l'intérieur du pays que vers Djibouti, la Somalie et d'autres pays », a averti devant la presse à Genève Armen Yedgaryan, représentant du HCR au Yémen. Son agence s'attend à ce que quelque 230 000 personnes déplacées au Yémen et 10 000 autres réfugiées à Djibouti, de l'autre côté du détroit de Bab el-Mandeb, aient besoin d'une assistance humanitaire ces prochains mois.
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« L'eau est un problème crucial »
« Une grande partie des 3 000 réfugiés qui sont déjà arrivés ont pris la mer alors que les conditions n'étaient pas bonnes, confie Babar Baloch. Dès que la mer va se calmer, on devrait voir encore plus de personnes débarquer à Djibouti et dans les pays voisins. »
Si les humanitaires peinent à répondre aux besoins, ce n'est pas uniquement à cause de l'ampleur des déplacements. Le HCR a reçu moins de 20 % des fonds qu'il demande pour ses opérations au Yémen en 2026. C'est l'une des crises les plus sous-financées du système onusien, alors que le Yémen est le quatrième pays abritant le plus de déplacés internes au monde.
« L'eau est vraiment un problème crucial, qui était préexistant à la guerre de 2014, qui s'est exacerbé avec les conflits, les affrontements des dix dernières années, et qui, aujourd'hui, vient frapper de plein fouet aussi ces populations déplacées et termes d'accès basiques pour boire, pour l'hygiène et pour cuisiner », alerte Thomas Janny.
De nouveaux camps informels sont apparus, et les besoins n'ont fait que se renforcer. L'urgence, c'est la fourniture d'abris, de nourriture et d'eau. L'enjeu sanitaire est très important ; avant la reprise des combats, déjà, un début d'épidémie de choléra avait été constaté.
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