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Tuesday, October 20, 2026

Référendum en Alberta | Les Albertains disent « Oui » au Canada

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(Edmonton) Une majorité d’Albertains se sont exprimés en faveur du Canada dans le cadre du premier référendum de l’histoire de la province sur une éventuelle indépendance.

Mis à jour à

Avec le quart des bulletins dépouillés, plus de 75 % des voix exprimées étaient en faveur que l’Alberta demeure une province canadienne. Les premiers bulletins à avoir été dépouillés étaient issus du vote par anticipation et par la poste.

C’était comme le jour de Noël dans le camp indépendantiste, lundi soir. L’excitation d’un premier référendum sur l’indépendance dans leur vie. L’enthousiasme d’être réunis entre parents et amis. L’anticipation d’un résultat favorable. Jusqu’à ce que les résultats commencent à sortir.

Le silence au rassemblement du Alberta Prosperity Project était d’une lourdeur lorsque les premiers résultats sont apparus.

« Ce n’est pas terminé, on attend toujours que chaque bulletin soit compté », a déclaré Jeffrey Rath, l’un des leaders souverainistes attachés au Alberta Prosperity Project.

« Nous avons appris plusieurs leçons et la principale est que nous ne serons jamais indépendants tant que nous serons au sein d’un parti conservateur uni fédéraliste », a-t-il ajouté.

Alors que l’Alberta devenait la deuxième province après le Québec à s’exprimer sur son avenir dans la fédération, les délais se sont multipliés dans les bureaux de scrutins.

L’ouverture tardive d’une centaine de bureaux, puis des retards encourus dans la soirée, notamment en raison de longues files d’attente, ont fait durer le suspense.

Il était passé 1 h (HE) lorsque les premiers résultats, plaçant les fédéralistes devant. Tout indique qu’un taux de participation particulièrement élevé expliquait la lenteur du processus. Seulement

« Nous avons déployé des efforts considérables pour définir les attentes concernant la communication des résultats », a déclaré l’agence indépendante dans un courriel à La Presse. « Une fois que tous les bureaux de vote ferment leurs portes (et que chaque électeur faisant la queue avant cette heure a pu voter), le bureau ferme définitivement ».

En tout, ce sont plus de 1,3 million d’Albertains qui s’étaient exprimés avant l’ouverture des bureaux de scrutin, lundi, soit par la poste ou par anticipation. Le taux de participation s’élevait alors à 43 %.

Le référendum portait sur 10 questions constitutionnelles, comme la nomination des juges, l’avenir du Sénat canadien et les pouvoirs provinciaux en immigration, un sujet cher à la première ministre Danielle Smith.

C’est toutefois la dixième question que le pays en entier surveillait de près. Il s’agissait, dans ce cas-ci, d’un référendum sur un éventuel référendum.

La 10e question 

L’Alberta devrait-elle demeurer une province du Canada, ou le gouvernement de l’Alberta devrait-il entamer le processus juridique prévu par la Constitution canadienne pour tenir un référendum provincial contraignant sur la question de savoir si l’Alberta doit se séparer du Canada ?

  • Option 1 : L’Alberta devrait demeurer une province du Canada.
  • Option 2 : Le gouvernement de l’Alberta devrait entamer le processus juridique prévu par la Constitution canadienne pour tenir un référendum provincial contraignant sur la question de savoir si l’Alberta doit se séparer du Canada.

Ce référendum n’est pas contraignant et donc, peu importe le résultat, le gouvernement pourra décider de prendre ou non en considération l’opinion des Albertains pour la suite des choses.

Les résultats de mardi sont le point culminant de mois de déchirement dans la province. Les indépendantistes souhaitaient un « vrai référendum » contraignant, alors que les fédéralistes voulaient l’abandon de la démarche, qu’ils jugent non nécessaire.

PHOTO JEFF MCINTOSH, LA PRESSE CANADIENNE

La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith

La première ministre a assuré dans les derniers mois être une fédéraliste, et même avoir voté en faveur d’une Alberta au sein du Canada dans ce référendum.

Or, l’insatisfaction à son endroit n’a cessé de grimper partout en province depuis qu’elle a autorisé la tenue de cet exercice. Dans les deux camps, on évoque des jours et des mois difficiles pour son leadership, peu importe le résultat du vote.

Les sondages montrent peu de mouvement avec environ les trois quarts des Albertains qui sont en faveur d’une Alberta dans un Canada uni. On compte très peu d’indécis sur cette question.

La campagne référendaire a mis en lumière des divisions dans le camp indépendantiste sur ce qu’une victoire signifierait concrètement. Selon un récent sondage Abacus Data, 32 % des Albertains qui comptaient voter pour « l’option 2 » souhaitent se séparer du Canada.

Certains ont indiqué dans le passé vouloir se joindre aux États-Unis, alors que d’autres veulent simplement avoir un meilleur rapport de force ou encore envoyer un message à Ottawa.

Le Québec a souvent été cité en exemple pour sa stratégie de « couteau à la gorge » qu’il a adopté envers le fédéral pour gagner en autonomie dans la fédération depuis la naissance du mouvement indépendantiste.

L’Alberta est la quatrième plus grande province canadienne avec 5,1 millions d’habitants, mais elle est la plus riche en raison des industries gazière et pétrolière. C’est là qu’on retrouve le revenu médian après impôt (85 300 $) le plus élevé chez les provinces canadiennes. La moyenne nationale est de 75 000 $. N’empêche, bon nombre d’Albertains trouvent qu’ils n’en ont pas pour leur argent au sein de la fédération. Le sentiment d’aliénation à l’égard de « l’élite laurentienne » en Ontario et au Québec et le gouvernement libéral à Ottawa, qui ignoreraient les intérêts de la province, est l’un des principaux moteurs du mouvement sécessionniste.

Les fédéralistes, eux, ont évoqué à maintes reprises qu’une victoire indépendantiste aurait des impacts économiques catastrophiques et qu’à l’instar du Québec, des sièges sociaux de grandes entreprises quitteraient la province pour de nouveaux cieux.

PHOTO MEGAN ALBU, AGENCE FRANCE-PRESSE

Mitch Sylvestre (au centre), chef de file de l’Alberta Prosperity Project, dans le centre-ville d’Edmonton, dans l’attente des résultats du référendum.

Les indépendantistes revendiquent depuis des mois un appui massif de la part des Albertains, mais pas plus tard que lundi, on sentait dans ce camp une volonté de faire baisser les attentes en clamant la victoire si 25 % des Albertains votaient en faveur de l’indépendance.

L’agence indépendante a déjà commencé à compter les bulletins de vote et annoncera d’abord les résultats en lien avec la question sur l’indépendance.

Élections Alberta a confirmé dans les derniers jours avoir embauché près de 47 000 pour agir comme agent électoral pour faciliter le décompte.

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