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Thursday, September 17, 2026

«La violence n’est pas une réponse» face aux craintes à l’égard de l’IA, dit Bengio

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Quelques heures après le vandalisme dont a été victime mardi soir le siège de l’Institut québécois d’intelligence artificielle (Mila), le fondateur de l’organisme a averti que la violence ne permettrait pas d’apaiser les inquiétudes du public face à cette technologie en pleine évolution.

Yoshua Bengio a tenu ces propos mercredi matin lors de l’ouverture d’All In, une importante conférence sur l’intelligence artificielle à Montréal, où lui-même et Evan Solomon, ministre fédéral de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, devaient annoncer un nouveau financement destiné à la recherche sur les dangers potentiels des systèmes d’IA.

« La violence n’est pas une réponse à ces risques et à ces craintes, que je peux comprendre », a déclaré M. Bengio lors de ce sommet consacré à l’IA et aux technologies.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a indiqué qu’un groupe d’une dizaine de personnes s’en est pris mardi, vers 23 h 45, au bâtiment situé à l’angle des rues Saint-Urbain et Saint-Zotique, brisant plusieurs vitres et taguant les murs.

Une femme de 25 ans a été interpellée à proximité des lieux. Johany Charland, porte-parole du SPVM, a indiqué que la femme avait été remise en liberté mercredi après-midi après avoir été interrogée par les enquêteurs. L’agente Charland n’a pas précisé si la femme était toujours considérée comme suspecte dans le cadre de l’enquête.

Mila a affirmé, dans une déclaration, que sa « mission centrale repose sur le développement d’une intelligence artificielle éthique, sécuritaire et au service de l’intérêt public ». L’entreprise a précisé également qu’elle concentre ses efforts sur des domaines de recherche clés tels que « l’encadrement des risques sociétaux, la protection de la vie privée, l’alignement de l’IA sur la sécurité humaine et la justice sociale ».

Lors de la conférence, Yoshua Bengio a déclaré avoir passé des années à examiner les responsabilités des chercheurs, des entreprises et des gouvernements, alors que les systèmes d’intelligence artificielle, de plus en plus puissants, soulèvent des questions d’éthique et de sécurité.

« Comment pouvons-nous nous assurer que l’éthique soit au cœur de nos décisions ? », a demandé M. Bengio, ajoutant que cela n’était pas nécessairement facile dans un contexte de concurrence sur le marché et de pressions géopolitiques.

Il a estimé que la sensibilisation du public pouvait déboucher sur un débat démocratique concernant les choix que la société souhaite faire — « certainement pas par la violence ».

Le ministre Solomon a également condamné ces actes de vandalisme, les qualifiant d’inacceptables dans une démocratie et affirmant que les chercheurs et les étudiants ont le droit de travailler en toute tranquillité et en toute sécurité.

« Il y a de véritables questions qui se posent au sujet de la technologie, et nous les accueillons favorablement dans notre démocratie », a expliqué M. Solomon. Il a ajouté que chacun devait pouvoir poser des questions et manifester pacifiquement.

AI systems become more powerful, we cannot afford to treat safety as an afterthought.

Today, Canada and Germany each announced a $150 million investment in LawZero, the AI safety organization founded by Yoshua Bengio, one of Canada’s great scientists.

Canada helped lead the… pic.twitter.com/TddY2cYYS1

— Evan Solomon (@EvanLSolomon) September 16, 2026

De son côté, Mila a condamné ce qu’elle a qualifié d’« actes de vandalisme et d’intimidation » visant ses locaux.

« Si nous respectons le droit fondamental à l’expression des opinions divergentes et à la critique sociale, nous condamnons fermement tout recours à la violence, aux dégradations matérielles et aux tactiques visant à intimider notre personnel et nos chercheurs », a écrit l’institut de recherche dans une déclaration publiée mercredi.

Le SPVM a indiqué que les enquêteurs examinaient les images de vidéosurveillance et recueillaient des preuves afin d’identifier d’autres suspects. « L’enquête est en cours », a déclaré l’agente Charland.

Le service a également précisé que sa présence au Palais des congrès de Montréal, où se tient la conférence, n’avait pas été renforcée en réponse à ces actes de vandalisme. La police a indiqué que les déploiements avaient déjà été planifiés et qu’aucun agent supplémentaire n’avait été affecté à la suite de l’incident survenu dans la nuit.

Les déclarations de Yoshua Bengio et d’Evan Solomon interviennent alors que le ministre fédéral a annoncé un financement de 150 millions $ à LoiZéro, un organisme à but non lucratif consacré à la recherche sur la sécurité de l’IA, fondé par M. Bengio et hébergé à Mila.

Le ministre fédéral du Numérique et de la Modernisation de l’État d’Allemagne, Karsten Wildberger, a également annoncé son intention d’allouer jusqu’à 100 millions € (160 millions $ CAN) à ce projet, sous réserve de l’accord de la Commission européenne.

Yoshua Bengio a affirmé que ces fonds aideraient les chercheurs à démontrer comment l’intelligence artificielle peut être entraînée avec des garanties de sécurité.

Il a également ajouté que certains des risques les plus graves posés par l’IA avancée sont difficiles à prévoir, mais que cela ne signifie pas pour autant qu’il faille les ignorer.

« Plus elle est puissante, plus elle peut être bénéfique — mais aussi plus elle est dangereuse », a insisté M. Bengio.

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