“Des limites fondamentales ont été franchies”: l’ULB a mis fin à l’occupation étudiante d’un bâtiment sur le campus du Solbosch
L'Université Libre de Bruxelles (ULB) a mis fin samedi matin à l'occupation du bâtiment P1 sur le campus du Solbosch, a indiqué l'établissement à Belga. Les occupants ont également confirmé cette évacuation sur leurs réseaux sociaux.
A.MA
Source: Belga
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Lancé le 22 octobre dernier, le mouvement d’occupation rassemble des étudiants de l’ULB, ainsi que des élèves de l’enseignement secondaire et des étudiants d’écoles d’art. L’action s’inscrit dans le cadre du mouvement social de la jeunesse en Europe et entend dénoncer un climat social difficile.
Les occupants avaient rebaptisé le bâtiment P1, en “Aïcha Aboubaïa”, du nom d’une étudiante gazaouie restée bloquée à la frontière après le refus de son visa par les autorités belges, comme 12 autres étudiants bloqués à Gaza.
L’ULB avait précédemment lancé un ultimatum aux occupants pour qu’ils quittent le bâtiment avant jeudi. Selon l’université, la majorité d’entre eux s’est exécutée, mais certains ont choisi de rester. L’institution a finalement décidé de mettre fin à l’action en faisant intervenir la police samedi.
“Des limites fondamentales ont été franchies. Le vandalisme, l’intrusion dans des bureaux individuels et l’entrave aux activités universitaires sont inacceptables. Plus graves encore sont les nombreuses inscriptions haineuses et les appels explicites à la violence qui recouvrent les murs du bâtiment P1”, a souligné la rectrice Annemie Schaus. “Nous condamnons ces inscriptions avec la plus grande fermeté.”
D’après Mme Schaus, les étudiants ont refusé de dialoguer avec l’université. “Après l’échec de nos tentatives de négociations pour parvenir à une solution, nous avons entamé une procédure judiciaire. La police est donc intervenue samedi matin avec l’autorisation du juge et dans le respect du cadre légal”, a-t-elle précisé.
“Tout au long de cette crise, nous avons privilégié le dialogue, car nous étions convaincus que tout devait être mis en œuvre pour éviter de recourir à la force.”
La rectrice a ajouté que “cette très petite minorité” ne représente ni la communauté universitaire, ni “les jeunes qui s’inquiètent à juste titre pour leur avenir et veulent faire part de leurs préoccupations”. “De tels dérapages ne doivent pas être confondus avec des actions de protestation légitimes, qui doivent recevoir toute leur place à l’ULB”, a-t-elle assuré.
“Nous remercions les membres du personnel et les étudiantes et étudiants impactés pour leur patience, ainsi que les équipes déployées durant toute cette période. La sécurisation et la remise en état du bâtiment sont désormais planifiées, afin que les activités puissent reprendre le plus rapidement possible”, a conclu Mme Schaus.
Les militants ont confirmé leur expulsion du bâtiment via les réseaux sociaux et sur le site internet du Secours Rouge, un réseau militant et anticapitaliste, qui offre un soutien aux activistes luttant contre ce qu’ils qualifient de répression de l’État.
Selon les étudiants, plusieurs militants auraient été interpellés lors de l’expulsion.
En mai 2024, une occupation avait déjà eu lieu dans le bâtiment B de l’ULB, à l’époque en solidarité avec le peuple palestinien. Les étudiants avaient alors également été expulsés du bâtiment par la police, après une occupation de plus d’un mois.
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