Incendie sur une base militaire en Alberta | Un feu de broussailles a enlevé la vie à quatre militaires canadiens

(Ottawa) Il aura fallu moins d’une minute pour qu’un lointain feu de broussailles se transforme en violent incendie et atteigne des militaires en entraînement sur la base de Wainwright, en Alberta, samedi. Quatre d’entre eux ont perdu la vie et des dizaines d’autres ont été gravement blessés.
Mis à jour hier à
Il s’agit de « l’une des pires tragédies qu’ont connues les Forces armées canadiennes (FAC) en sol canadien en temps de paix », a déclaré le premier ministre Mark Carney au lendemain du drame.
Le major-général des FAC Wade Rutland, premier commandant de la 1re Division du Canada, a confirmé lors d’une séance d’information dimanche après-midi que les flammes avaient pris naissance lors d’un exercice militaire du bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry vers 16 h (heure locale) samedi.
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Wade Rutland, major-général des Forces armées canadiennes
Il s’agissait d’un entraînement intensif avec des grenades pour les membres de la Force opérationnelle d’intervention mondiale, une équipe de haut niveau prête à être déployée à tout moment dans des zones à risque, mais notamment en prévision d’un déploiement en Lettonie en mai. Le feu de broussailles se trouvait à environ un kilomètre d’une équipe de soldats qui simulait une attaque.
Les officiers responsables des champs de tirs le savaient depuis plusieurs heures, mais ils ont décidé de poursuivre l’exercice nommé APOLLO SHOOTER puisque les flammes semblaient maîtrisées. Puis, une rafale a tout bouleversé.
« Des vents d’une intensité inhabituelle ont provoqué une propagation rapide de l’incendie, qui a changé de direction pour se diriger vers la zone administrative du champ de tir, a-t-il décrit. Le feu a pris naissance au sein de la zone d’entraînement et a franchi les coupe-feu existants, avant d’être maîtrisé en coordination avec les autorités municipales. »
L’incendie a emporté trois soldats du troisième bataillon Princess Patricia’s Canadian Light Infantry basés à Edmonton – Aidan Goulding, de la Colombie-Britannique, Shaun Farrell, de la Saskatchewan, et Hayden Lykkemark, de la Colombie-Britannique – et un sergent du Loyal Edmonton Regiment, Morgan Wong, de l’Alberta.
39 blessés hospitalisés
La première ministre albertaine, Danielle Smith, a indiqué que 39 blessés étaient toujours hospitalisés, dont 19 dans un état critique. « Les pertes de vie et les blessures sont déchirantes », a-t-elle déclaré avant de saluer le travail des services d’urgence de sa province ; 30 équipes d’urgence ont été déployées, soit 22 ambulances terrestres et 8 ambulances aériennes, certaines en provenance de la Saskatchewan.
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Danielle Smith, première ministre de l’Alberta
Une enquête est en cours afin d’éclaircir les circonstances de cet accident. Le major-général Rutland a écarté la possibilité que l’incendie ait été causé par des infrastructures pétrolières ou gazières, contrairement à l’information qui circulait au lendemain du brasier. La thèse de l’attentat terroriste est également écartée.
Il a indiqué que les soldats de l’infanterie sont appelés à s’entraîner dans toutes sortes de conditions, y compris lors de forts vents, mais que « les soldats sur le terrain, les chefs et le commandement à la base évaluent ensemble s’il convient d’interrompre l’entraînement » en raison de la météo. L’enquête déterminera si les protocoles ont été suivis et s’ils doivent être mis à jour.
INFOGRAPHIE LA PRESSE
« Le Canada se souviendra d’eux »
« Notre pays est en deuil », avait déclaré le premier ministre Carney plus tôt dans la journée après avoir confirmé le bilan des victimes. « Nous pleurons la perte de ces courageux membres de nos Forces armées. »
Il a promis que le Canada serait à son tour au service de ceux qui sont morts et qui ont été blessés en servant leur pays et qu’il épaulerait les membres des FAC ébranlés par cette tragédie.
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Le premier ministre Mark Carney a offert un premier bilan officiel, dimanche midi.
Nous serons là pour leurs familles aussi longtemps qu’elles auront besoin de nous. Nous accompagnerons les blessés à chaque étape de leur rétablissement.
Les drapeaux des édifices fédéraux sont en berne à travers le pays tout comme ceux des édifices gouvernementaux de l’Alberta. Le premier ministre Carney fera également une déclaration à la Chambre des communes ce lundi.
« Quatre soldats sont venus à Wainwright pour se préparer à défendre ce pays, le Canada se souviendra d’eux », a déclaré le ministre de la Défense nationale, David McGuinty.
Le roi Charles III et la reine Camilla ont offert par communiqué dimanche soir leurs « plus sincères condoléances aux familles et aux proches de ceux qui ont perdu la vie, ainsi qu’à tous ceux qui ont été blessés » et ont exprimé leur « admiration » et leur « gratitude » envers le travail courageux des services d’urgence.
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Un drapeau en berne à la base militaire Wainwright, en Alberta
De vraies munitions
La base des Forces canadiennes Wainwright est l’une des bases « les plus occupées au Canada », selon le ministère de la Défense nationale. Celle où les soldats « apprennent à accomplir les missions les plus difficiles que notre pays puisse leur confier », a souligné le premier ministre Carney. Elle abrite le Centre canadien d’entraînement aux manœuvres, qui reproduit des situations de combat.
« C’est la plus grande base en superficie où on peut faire des manœuvres avec tout l’équipement qui est à notre disposition », explique en entrevue le brigadier-général retraité des FAC Richard Giguère. Elle permet à toutes les unités de l’armée – infanterie, artillerie, blindés, etc. – de travailler ensemble à grande échelle. Il est possible d’y déployer une brigade de 3000 ou 4000 militaires avec leur équipement. Des munitions réelles sont employées lors de certains exercices.
Il n’exclut pas que les munitions employées samedi aient pu causer le feu de broussailles qui a pris de l’ampleur. « Vous savez, quand on entraîne des troupes, l’objectif, c’est que notre entraînement ressemble le plus possible à la situation réelle que les soldats vont affronter », précise-t-il.
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Richard Giguère, brigadier-général retraité des FAC
Mais évidemment, le facteur qui prime, c’est la sécurité de nos soldats. Vous savez, on ne veut jamais perdre un soldat à l’entraînement. Jamais.
L’entraînement du bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry a été suspendu pour l’instant, mais il reprendra à une date ultérieure afin que les soldats puissent être prêts à se joindre à l’opération REASSURANCE en Lettonie dont l’objectif est de protéger le flanc oriental de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) de toute incursion de la Russie.
Le Comité militaire de l’OTAN a offert « ses plus sincères condoléances » aux proches des disparus. « Les 32 chefs d’état-major de la défense alliés sont à vos côtés et aux côtés des Forces armées canadiennes », a déclaré son président, l’amiral Giuseppe Cavo Dragone. Il a promis d’honorer la mémoire des disparus.
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