« Hogtie » | Le SPVM proscrit une technique de contention dangereuse

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) vient de proscrire une technique de contention dangereuse qui aurait contribué à la mort d’un homme en crise, l’an dernier.
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La contention « pieds et poings liés », mieux connue sous le nom de « hogtie », ne doit plus être utilisée sur le terrain, indique une note de service envoyée « la semaine dernière » à tous les policiers de Montréal, a indiqué mercredi le directeur adjoint Marc Charbonneau. « Ce n’est pas une technique qui est enseignée officiellement, ni par l’École nationale [de police du Québec], ni par le SPVM. » M. Charbonneau prenait la parole dans le cadre d’une audience de la Commission de la sécurité publique du conseil municipal de Montréal.
Comme son nom l’indique, cette technique consiste à menotter les poignets et les chevilles d’un individu qui se trouve en position ventrale, puis à rapprocher ces liens derrière son dos.
La note interne du SPVM a été diffusée dans la foulée de la publication d’un rapport de coroner sur le décès d’Abisay Cruz, un ressortissant du Honduras mort dans le quartier Saint-Michel en mars 2025.
M. Cruz était en crise après avoir consommé de la cocaïne et lançait des objets sur la chaussée depuis le balcon de son appartement. Il tenait un bâton de métal dans les mains, au moins au début de l’intervention. Les policiers ont cru bon de le menotter aux mains et aux pieds en raison de la « persistance de cet état de crise », relate la coroner Géhane Kamel dans son rapport, rendu public fin août. Des témoins civils estiment plutôt que M. Cruz collaborait avec la police.
Au cours de l’intervention, il a été placé en position ventrale pendant « plus de deux minutes » avec le poids d’un policier qui reposait partiellement sur son dos.
Très agité, il a ensuite été transporté « dans une position s’apparentant » au hogtie jusque sur le trottoir, où il a été pris en charge des paramédics, explique le rapport, qui « constate[nt] son état d’inconscience ».
Géhane Kamel a conclu que le décès « est attribuable à une intoxication à la cocaïne et à une asphyxie positionnelle probable dans le contexte de l’intervention policière ».
Après une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), la Couronne a décidé de ne pas porter d’accusations contre les policiers dans ce dossier.
« Il est hautement probable que la contention ait contribué au décès »
Cette méthode de contention est reconnue pour comporter des risques importants pour la santé et la sécurité.
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