Cycliste happé mortellement | Montréal remet en question le protocole de poursuite de la SQ

Une semaine après la mort d’un jeune cycliste, happé par un conducteur qui aurait été pourchassé par un véhicule policier, Soraya Martinez Ferrada remet en question « les protocoles encadrant les poursuites policières » de la Sûreté du Québec en milieux urbains.
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« Je souhaite vous faire directement part de certaines interrogations concernant les protocoles encadrant les poursuites policières effectuées par la Sûreté du Québec dans les zones urbaines, notamment dans les secteurs résidentiels densément peuplés », affirme la mairesse de Montréal, dans une lettre envoyée au ministre de la Sécurité intérieure, Guy Lapointe Jr, en réclamant l’intervention du gouvernement.
La première magistrate de la Ville précise au passage que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) « privilégie, dans de tels contextes, une approche limitant le recours aux poursuites policières aux situations dans lesquelles le niveau de risque pour la sécurité publique le justifie.
Mme Martinez Ferrada « souhaite donc qu’une réflexion sur la conciliation des approches dans un environnement urbain comme celui de Montréal soit menée ». « Mon administration souhaite collaborer à cet exercice », écrit-elle directement au ministre dans sa missive. « Je suis vivement préoccupée par les circonstances entourant cette mort », insiste-t-elle.
Le jeune Isaac Larivée, 18 ans, se rendait à son cours au collège Ahuntsic lorsqu’il a été happé mortellement par un conducteur qui aurait été pourchassé par un véhicule policier, vendredi dernier. La collision se serait produite lors d’une poursuite policière au cours de laquelle le suspect circulait à une vitesse élevée.
Soraya Martinez Ferrada précise qu’elle ne veut pas « préjuger des conclusions » de l’investigation du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), qui a été lancée pour faire la lumière sur le travail de la SQ durant cet évènement. Quant à la police de Montréal, elle continue son enquête, mais elle a déjà confirmé que le suspect en fuite qui a happé mortellement le cycliste conduisait un véhicule volé.
La mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, Maude Théroux-Séguin, avait annoncé ces derniers jours qu’elle souhaitait lancer une enquête « post-collision », comme la Ville le fait pour chaque accident mortel survenant sur son territoire depuis 2018. Certains aménagements de l’intersection pourraient être revus éventuellement.
Or, tout ce processus n’aura finalement pas lieu à court terme, en raison de l’enquête du BEI toujours en cours. Lors de la conception du REV sur le boulevard Henri-Bourassa, on avait envisagé de fermer complètement le terre-plein, mais cette option n’a pas été choisie pour des raisons d’accès aux services d’urgence.
Éviter d’autres drames
« Il nous incombe d’utiliser tous les leviers à notre disposition pour prévenir la répétition d’un tel drame. Une mort comme celle d’Isaac en est une de trop, comme nous le rappelle la Vision zéro », maintient la mairesse de Montréal dans sa lettre envoyée au ministre.
Mercredi, un adolescent de 17 ans avait été accusé d’homicide involontaire et de quatre autres chefs d’accusation dans ce dossier. S’il est reconnu coupable, le jeune homme s’expose notamment à une peine pour adulte, puisqu’il était âgé de 14 ans ou plus au moment des faits et que les infractions reprochées sont passibles de plus de deux ans de prison.
Cela dit, même s’il reçoit une peine pour adulte, la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents interdit qu’un jeune purge sa peine dans un établissement pour adultes avant l’âge de 18 ans. Il sera donc d’abord placé dans un Centre de réadaptation pour les jeunes.
Selon nos sources, l’accusé aurait roulé à une vitesse approximative de 100 km/h lors de la course-poursuite policière de la SQ. Il restera maintenant détenu en attente de sa prochaine comparution pour l’enquête sur sa remise en liberté, lundi prochain. La poursuite s’est opposée à sa remise en liberté.
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