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Tuesday, September 22, 2026

Polytechnique Montréal | Dérapages « inacceptables » aux activités d’intégration

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Les activités d’intégration des nouveaux étudiants de Polytechnique Montréal ont dérapé, fin août, menant un jeune à l’hôpital et forçant l’école à constituer une cellule de crise.

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L’établissement a reçu des plaintes de parents concernant la consommation abusive d’alcool et des incitations à boire après un « rallye des bars » organisé le 24 août dernier par le « Programme d’intégration des nouveaux » de l’association étudiante locale. Un jeune en état d’ébriété très avancé a été transporté en ambulance à un centre hospitalier.

Contactée par La Presse, Polytechnique Montréal s’est dissociée de ces activités et a condamné la situation.

« Nous devons mentionner d’entrée de jeu avoir été très choqués et déçus face à certains débordements qui nous ont été rapportés », a indiqué Christian Merciari, porte-parole de l’établissement, dans un courriel. « Les incidents dont il est ici question nous paraissent inacceptables dans le contexte où notre première préoccupation est toujours la sécurité de tous les membres de notre communauté. »

L’Association étudiante de Polytechnique (AEP) n’a pas voulu accorder d’entrevue à La Presse. Dans une déclaration écrite, la présidente Claudel Descôteaux a évoqué une « potentielle situation malheureuse », sans plus de détails.

« Avant même que les faits ne soient pleinement établis, nous avons fait le choix, par principe de précaution et par souci de protection envers notre communauté, d’intervenir sans attendre et de déployer des mesures préventives », a indiqué Mme Descôteaux. Elle a ajouté que l’AEP avait mis en place « les mesures nécessaires afin de garantir que la suite des activités se déroule dans un cadre sain et sécuritaire, ce qui a été le cas pour le reste de la semaine ».

En plus du rallye des bars, le programme de la semaine diffusé sur les réseaux sociaux indique que les nouveaux ont été invités à une « virée dans un bar de région » le surlendemain.

Les participants sont formés « concrètement à agir comme témoins actifs, à reconnaître rapidement les premiers signes d’excès d’alcool pour intervenir avant qu’une situation ne dérape, ainsi qu’à prévenir et gérer toute forme de violence à caractère sexuel », a assuré la présidente de l’AEP. « Nous sommes sincèrement désolés que des personnes aient pu se retrouver dans une telle situation ou se soient senties inconfortables. »

« Ajuster nos façons de faire »

Polytechnique Montréal veut maintenant « réévaluer les modalités de ces activités [d’intégration] pour les années à venir », en discussion avec l’AEP. Le pouvoir de l’établissement est toutefois limité : l’association étudiante est « complètement indépendante » et l’école n’a « pas de contrôle sur les activités qu’elle organise à l’extérieur [du] campus pour des personnes toutes en âge de la majorité », indique le porte-parole Christian Merciari.

« C’est une priorité absolue pour nous que nos évènements se déroulent dans le plus grand des respects », a ajouté Claudel Descôteaux, de l’AEP. « Si une situation a dérogé à nos principes, nous ferons tout le nécessaire pour ajuster nos façons de faire, en étroite collaboration avec le Service aux étudiants de Polytechnique et [son] Bureau d’intervention et de prévention des conflits et de la violence. »

C’est loin d’être la première fois que des activités d’intégration ou d’initiation de nouveaux étudiants font la manchette.

En 2023, la ministre de l’Enseignement supérieur de l’époque, Pascale Déry, avait même ouvert la porte à l’interdiction de telles activités. Elle réagissait alors à des témoignages d’étudiants relayés par Radio-Canada sur des initiations particulièrement dégradantes à l’Université de Sherbrooke : certains d’entre eux avaient été aspergés d’urine animale et auraient été incités à ingérer des vomissures.

En 2017, sa prédécesseure Hélène David a fait voter une loi à l’Assemblée nationale forçant tous les établissements d’enseignement supérieur à se doter d’une politique contre les violences à caractère sexuel. Ce document doit inclure « des règles qui encadrent les activités sociales ou d’accueil », même quand celles-ci sont organisées par une association étudiante.

Cette initiative avait été lancée en réaction à une rentrée 2016 émaillée d’évènements malheureux. L’Association des étudiants en droit (AED) de l’Université de Montréal avait été épinglée par le journal étudiant local pour des initiations où la nudité était encouragée. « Tu te sens presque obligée » de te déshabiller, avait témoigné une étudiante.

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