Les nouveaux dilemmes de la science

Déferlement de l’IA, enjeux environnementaux, place croissante du privé... La science doit se confronter à des défis sociétaux et éthiques qui mettent en tension ses pratiques.
À Niederhausbergen, près de Strasbourg, des manifestants s’opposent, en octobre 2018, à l’implantation d’un élevage de primates destiné à la recherche scientifique.
BADIAS / ANDIA.FR
"La science s’interroge sur elle-même depuis toujours. Le serment d’Hippocrate en est une attestation ancienne : primum non nocere – d’abord, ne fais pas de mal", rappelle Hervé Chneiweiss, président du comité d’éthique de l’Inserm. Mais cette exigence ne va pas toujours de soi. Au xxe siècle, les dérives eugénistes et les expérimentations pratiquées sur des humains par les nazis ont conduit à formaliser des principes fondateurs, comme le code de Nuremberg (1947) ou la déclaration d’Helsinki (1964), qui énonce les principes éthiques applicables à la recherche médicale.
L’essor de la procréation médicalement assistée et des greffes a par la suite donné naissance aux lois de bioéthique et aux comités d’éthique. Parmi ces derniers, certains se prononcent sur la faisabilité ou non d’une recherche et donnent des avis contraignants. D’autres, comme ceux de l’Inserm, de l’Unesco ou du CNRS, publient des avis consultatifs.
"Leurs membres essaient d’apporter des réponses lorsque des sujets de recherche conduisent à créer des tensions. Le sujet de l’expérimentation animale, par exemple, met clairement en tension deux visions. D’un côté, les humains ont des devoirs envers les animaux. Et inversement, les humains, et particulièrement les scientifiques, ont le devoir de faire progresser la santé", estime Hervé Chneiweiss.
Recherche Ethique IA générative Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé
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