Elle a tué un enfant de 4 ans en 2008 | La meurtrière s’est occupée d’un bébé pendant une sortie du pénitencier

Des sorties au centre commercial avec ses enfants. Des visites à l’Église. Des séances de bénévolat. La meurtrière du petit Jérémy Bastien-Perron a profité de 400 sorties du pénitencier dans les dernières années. Une femme lui a même confié son bébé.
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« J’ai tellement de permissions de sorties que je ne peux pas vous nommer les jours et les dates », a dit Stéphanie Meunier mardi, au troisième jour de son témoignage au palais de justice de Montréal.
La femme de 47 ans avait retrouvé son calme mardi matin. La veille, son témoignage s’était conclu abruptement, lorsqu’elle avait réclamé la fin du contre-interrogatoire pendant le visionnement des photos du corps meurtri du garçon de 4 ans. « Je suis pu capable », avait-elle soufflé.
« J’ai le visage de Jérémy dans ma tête depuis toutes ces années-là », a-t-elle témoigné mardi matin.
Stéphanie Meunier a battu, mordu, harcelé et tué Jérémy Bastien-Perron, le fils de son conjoint, en décembre 2008. Son corps était couvert d’ecchymoses et ses organes génitaux étaient déformés. Le frein de sa langue a été sectionné.
PHOTO DÉPOSÉE EN PREUVE DEVANT LA COUR
Jérémy Bastien-Perron, 4 ans, à l’été 2008. Il a été tué en décembre 2008 par sa belle-mère Stéphane Meunier.
Reconnue coupable de meurtre au premier degré en 2011, elle a été condamnée à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Elle souhaite toutefois y être admissible dès maintenant, au lieu d’attendre à 2033.
C’est pourquoi elle s’adresse à un jury dans le cadre d’une demande de révision judiciaire, surtout connue comme la « clause de la dernière chance ».
Prison à vie… mais beaucoup de sorties
Même si Stéphanie Meunier a été condamnée à la prison à vie, elle bénéficie de nombreuses permissions de sorties depuis quelques années, par exemple pour visiter ses enfants ou pour faire du bénévolat. À chaque sortie, elle est accompagnée par un intervenant formé par les services correctionnels.
C’est ce que le procureur de la Couronne, Me Philippe Vallières-Roland, a décortiqué avec la délinquante mardi.
Une fois, Stéphanie Meunier a eu la permission d’aller visiter sa mère, à deux pas du lieu du crime dans le quartier Rivière-des-Prairies, à Montréal. Elle assure qu’elle était « très mal à l’aise » à l’idée de croiser la famille de sa victime.
On apprend que Stéphanie Meunier a pu fréquenter une église à de nombreuses reprises. Ce privilège lui a toutefois été retiré, lorsqu’elle s’est retrouvée sans son chaperon désigné. « J’étais avec d’autres gens, mais celui qui était en charge de moi n’était pas là », a-t-elle expliqué.
Pendant une sortie, une femme a permis à Stéphanie Meunier de pousser le carrosse de son bébé. « La mère était là. Elle sait que j’ai battu un enfant à mort. Je l’ai remerciée à plusieurs reprises de me laisser la chance », a témoigné la délinquante.
« Est-ce que je suis encore un danger pour la société ? Je ne crois pas. Je sais que je suis capable d’être une bonne personne », a d’ailleurs dit Stéphanie Meunier lundi.
Stéphanie Meunier reconnaît qu’elle apprécie beaucoup ses sorties au centre commercial avec ses enfants.
Cependant, elle nie que sa « principale motivation » soit de s’occuper de ses enfants (maintenant adultes), comme lui a suggéré Me Vallières-Roland.
« Je veux surtout être capable de me réhabiliter dans la société, d’avoir ma bulle à moi, car ça fait X années que je vis avec plein de personnes. Je ne dis pas que je ne veux pas voir mes enfants, mais mon but principal, c’est d’aller en transition et […] de prendre la place que mes enfants voudront me donner », a-t-elle affirmé.
PHOTO FRANCOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE
C’est dans ce lit que Jérémy Bastien-Perron dormait en décembre 2008.
Notons qu’en 2008, Stéphanie Meunier n’a jamais été violente à l’égard de ses quatre enfants. Son seul « punching bag » était le garçon de 4 ans de son conjoint. À l’époque, elle consommait de la cocaïne, du crack et du speed, et elle vendait des stupéfiants. Elle affirme avoir « disjoncté ».
Selon son récit, Jérémy est tombé inconscient dans le corridor, alors qu’elle cuisinait des gâteaux avec ses enfants. Elle allègue n’avoir aucun souvenir du coup mortel à la tête.
Le camp Meunier fera entendre d’autres témoins dans les prochains jours. Ce sera ensuite au tour de la Couronne de présenter sa preuve. Le procès est prévu pour quelques semaines.
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