ESPN DeportesPortugal muestra su poder goleador sin Cristiano RonaldoRTP DesportoHojlund empata a partidaDaily MaverickECOLOGICAL ALARM: Beautiful region, scary findings: CapeNature’s latest report cardThe Jerusalem PostBennett, Lapid meet family of Haymanot Kasau, pledge to transfer case to Shin Bet, Zini if electedESPNSon of NBA legend Olajuwon commits to SMU's class of '27InquirerLeonen seeks zero tolerance for court corruptionThe Hollywood ReporterNithya Raman Promises She’ll Be a “Relentless Advocate” for HollywoodDeadline‘Musk’ Director Alex Gibney On World’s Richest Man: “He’s A Bullsh*tter”Premium TimesMakinde ​‌‌‍​‌‍⁠⁠‌⁠⁠‍⁠‍‍‌​‌​appoints zonal coordinators to drive 2027 presidential campaignConsequenceNoah Weiland Tapped as New Singer of LA Rock Band ZephyringE! OnlineDorothy Wang Is Pregnant, Expecting First Baby With Brandon YankowitzSouth China Morning PostTrump vows to hit Iran ‘very hard’ if linked to flydubai attack
The Daily Newsstand · Free, Always
Thursday, October 1, 2026

L’affaire d’un viol collectif présumé à l’Université Cornell enflamme les réseaux sociaux

Translate

La réouverture d’une enquête concernant un viol collectif qui aurait été commis sur le campus de l’université Cornell, dans l’État de New York, a déclenché une importante vague de réactions sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, des milliers d’internautes dénonçant l’affaire et affichant leur soutien.

Dans une plainte civile déposée le 16 septembre dernier, une jeune femme — surnommée Jane Doe pour préserver son anonymat — affirme avoir été violée par sept membres de la fraternité Chi Phi de cette université américaine prestigieuse après avoir été droguée et alcoolisée. Un procureur américain a annoncé lundi la réouverture de l’enquête.

La jeune femme avait déjà porté plainte auprès des autorités du campus au moment des faits, mais aucune poursuite n’avait été engagée par le bureau du procureur. Une procédure menée en parallèle par l’université a conduit, d’après Cornell, à l’exclusion de certains étudiants et à la suspension d’autres. Des étudiants auraient eu la possibilité d’atténuer leurs sanctions en rédigeant des dissertations, selon la plainte. Une information démentie par l’université Cornell.

Depuis plusieurs jours, des milliers d’internautes des quatre coins du monde se sont emparés de leur cellulaire pour réagir à l’affaire. De nombreuses publications affichent des messages comme « Je suis Jane Doe » (« I am Jane Doe ») ou encore « Jane Doe, nous sommes à tes côtés » (« Jane Doe, we stand with you »).

Une mobilisation «majeure»

« C’est certain que, pour moi, la mobilisation, notamment sur TikTok, a été majeure », affirme d’emblée Mélanie Millette, professeure titulaire au Département de communication sociale et publique à l’UQAM. « Là, il y a des milliers et des milliers de publications qui commentent l’affaire. […] J’ai vu aussi plusieurs témoignages d’hommes complètement dépassés, dégoûtés. »

Les photos des sept hommes accusés — surnommés les « Cornell Seven » —, ainsi que leurs noms, circulent sur toutes les plateformes. Il s’agit de Matthew Ingalls, Jonathan Newell, Winston Lee, Gillio Lopes, Diego Sarabia, Scott Norris et Scott Kretzschmar. C’est le média étudiant The Cornell Daily Sun qui les a rendus publics le 21 septembre dernier. Depuis, de nombreux internautes ont fouillé dans la vie de ces hommes et publié leurs découvertes sur les réseaux.

« L’indignation est un moteur d’action très puissant », note Mme Millette, qui souligne « la dimension outrageuse » qui ressort des réseaux sociaux. « Aussi, il faut dire qu’il y a des gens mal intentionnés qui font la même chose avec la victime […] surtout dans des cercles masculinistes. »

Pour Lena Hübner, professeure adjointe au Département de communication de l’Université d’Ottawa, plusieurs éléments peuvent expliquer cette mobilisation en ligne.

Déjà, plusieurs personnalités publiques ont rapidement réagi, diffusant l’affaire à une plus grande audience. L’actrice Florence Pugh (Dune 2, Midsommar) a appelé les hommes à prendre la parole. « C’est vraiment dans ces moments-là que nous avons besoin que nos hommes soient aussi horrifiés et révoltés que nous, » a-t-elle écrit dans une publication Instagram datant d’il y a trois jours. « Comment pouvez-vous espérer que nous croyions que “tous les hommes ne sont pas comme ça” [“Not all men”] alors que, dans des moments comme celui-ci, beaucoup d’entre vous restez silencieux ? »

Aussi, au moment des faits, Jonathan Newell, l’un des sept hommes accusés, aurait envoyé un message dans un groupe Snapchat invitant les membres de la fraternité à se joindre à eux. Une photo de cette conversation a largement été partagée sur les réseaux sociaux. Mme Hübner évoque un « élément facilement partageable ». « Ce sont des choses qui correspondent bien aux logiques des algorithmes. »

Un parallèle avec #MoiAussi

Face à l’ampleur des réactions sur les plateformes, les deux professeures font un parallèle avec le phénomène #MoiAussi. « Je pense que presque dix ans après la première vague #MeToo, les gens sont outrés de voir que ça n’a pas ou peu changé », affirme Mme Millette.

Pour Mme Hübner, lorsque les internautes s’emparent d’une affaire qui concerne les violences faites aux femmes, ça crée « des vagues de solidarité », mais aussi « des espaces pour d’autres victimes ou pour des personnes qui ont été témoins d’une situation similaire », évoquant ainsi #MoiAussi.

La professeure de l’Université Ottawa évoque également la montée des discours masculinistes et le climat politique aux États-Unis — avec les multiples attaques de Trump à l’égard des femmes et des personnes de la communauté LGBTQ+ — comme facteurs pouvant pousser les gens n’adhérant pas à ces discours ni au conservatisme à prendre davantage la parole et à amplifier leurs propres discours, en guise de réaction.

Bien que ce type de mobilisation en ligne finit par « s’essouffler à un moment donné », Mme Hübner espère que celle-ci servira « d’opportunité de parler de ces problématiques [dans les campus universitaires] pour revoir nos politiques internes, nos politiques provinciales et nationales, etc. »

Pour Mme Millette, « cette affaire a une ampleur certaine ». Toutefois, « si #MeToo n’a pas été suffisant pour qu’on interroge la culture du viol, la culture du silence, [le fait de] pointer la victime comme étant responsable, je ne sais pas ce que ça va prendre. »

« J’espère que les universités vont retirer de cette affaire qu’aujourd’hui, quand on essaie de tasser sous le tapis ce genre d’affaires là, ça finit toujours par ressortir. Et quand ça ressort sur les réseaux sociaux, ça se répand de manière virale. »

View the original on Le Devoir →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.