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Saturday, October 10, 2026

De la suite dans les idées

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« Elle veut s’amuser, mais ça commence par tout faire sauter ! C’est le chaos ! Elle a soif de sensations fortes et elle veut simplement goûter à la vie. » Voilà comment Emily Hampshire (Schitt’s Creek) décrit E.D.I.T.H., l’intelligence artificielle (IA) qu’elle incarne dans VisionQuest, nouvelle série Marvel. Les fans de Spider-Man: Far From Home se souviennent peut-être de la première fois où ils ont entendu parler d’elle : c’était quand Tony Stark confiait à Peter Parker des lunettes connectées portant l’acronyme formé des mots « Even Dead I’m the Hero ». L’IA est aujourd’hui « vraiment excitée d’être libre », précise l’actrice.

Dernier volet d’une trilogie amorcée avec WandaVision et poursuivie avec Agatha All Along, la série suit un Vision en cavale, qui fuit avec Thomas, un garçon qui pourrait bien être la réincarnation de son fils. Pour trouver un sens à son existence, il consulte alors les IA logées dans sa programmation : F.R.I.D.A.Y., J.A.R.V.I.S., Ultron et puis E.D.I.T.H., qui est chargée des loisirs, de la thérapie par le jeu… et de l’armement.

Pendant l’entrevue avec Le Devoir, Emily Hampshire se réjouit du fait que le créateur et directeur de la série, Terry Matalas (Star Trek: Picard), ait écrit le rôle d’E.D.I.T.H. pour elle. La Montréalaise d’origine — qui avoue s’ennuyer des bagels de Saint-Viateur et de l’Orange Julep — n’aurait pu rêver mieux. « On a le même sens de l’humour », souligne-t-elle. Et d’ajouter : « Je me souviens, à la lecture de certaines répliques, de penser à la blague que je ferais dans la suivante, et quand j’y arrivais, Terry avait écrit cette blague. On est vraiment sur la même longueur d’onde. C’est le bonheur. » Elle ne faisait pas partie de l’équipe d’écriture, mais admet s’être montrée « obsessive, et probablement casse-pieds » jusqu’au tournage.

L’IA au cœur

Comment jouer une machine qui rêve de ressentir des émotions ? Emily Hampshire a fait comme pour n’importe quel rôle. « Je me suis demandé ce que ça fait d’être une IA », mentionne-t-elle. L’actrice a ainsi cherché des points de contact avec le public. « J’ai essayé de trouver des équivalents IA aux comportements humains. Je me disais : si je suis complètement épuisée, c’est que je manque de bande passante. »

Le résultat est assez inattendu. « C’est l’humanité du personnage qui s’est imposée », assure-t-elle.

L’artificiel et l’émotion ne s’opposent pas, selon elle. « Je n’y ai jamais vraiment pensé en termes d’équilibre, parce que ça me semblait inhérent au personnage », croit Emily Hampshire. On désire toujours ce qu’on n’a pas, n’est-ce pas ? « Même nous, les humains, on est de plus en plus en train de déléguer notre cerveau à l’IA. Alors qu’une IA, tout ce qu’elle veut, c’est être humaine. Je n’ai jamais joué un personnage aussi en contact avec ce que c’est que d’être humain, ce qui est assez bizarre », explique l’actrice.

Le sujet tombe à point nommé, tandis que l’IA suscite inquiétude et fascination. Pourtant, malgré ses IA et ses robots, la série est d’abord « une histoire de père et de fils, note-t-elle, intime et émouvante ». Une histoire dont on n’attendrait jamais qu’elle naisse d’un tel contexte, « et pourtant, c’est le cas ». Emily Hampshire voit dans VisionQuest un récit « stimulant et porteur d’espoir ».

Alchimie humaine

Sur le plateau, l’entente a été immédiate avec ses confrères acteurs. « Avec Paul Bettany, c’était comme si on ne se rencontrait pas pour la première fois, comme si on se connaissait depuis toujours », raconte-t-elle. Les deux comédiens auraient d’ailleurs été « ces enfants qu’on sépare en classe ». James Spader ? « C’est le meilleur acteur avec qui j’aie jamais travaillé. Il est tellement présent, et je me sens très chanceuse d’avoir pu jouer avec lui. »

Ce qu’elle souhaite désormais transmettre au public, c’est l’émotion qu’elle a ressentie en voyant la série au complet. « C’est drôle, j’ai pleuré », souffle-t-elle. L’actrice révèle être en admiration devant ce que Terry Matalas a accompli, tout simplement. L’action se déroule dans l’esprit de Vision, certes, mais c’est surtout « son cerveau qui est mis à nu », soutient-elle. Quant aux deux têtes d’affiche, elle ne fait pas dans la demi-mesure. « Si James Spader et Paul Bettany ne remportent pas tous les prix pour leurs performances, l’univers n’a aucun sens, parce que ça va vous en mettre plein la vue », conclut-elle.

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