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Thursday, October 15, 2026

GSK : pourquoi la Belgique, cœur mondial de ses vaccins, paie le prix du virage stratégique du groupe pharmaceutique

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Le groupe britannique GSK figure parmi les dix premiers laboratoires pharmaceutiques mondiaux, avec près de 70.000 salariés. Son moteur de croissance aujourd’hui repose sur les médicaments de spécialité (asthme, cancer, système immunitaire) qui représentent plus de 40% de son chiffre d’affaires. Les vaccins, eux, pèsent 28%, mais cette division a stagné l’an dernier. En 2025, le bénéfice net de l’entreprise a doublé pour atteindre 7 milliards d’euros, sur un chiffre d’affaires de près de 40 milliards. GSK, donc, ne se porte pas mal.

Mais c’est précisément dans ce contexte de bonne santé financière que le changement de cap surprend. En janvier dernier, l’Australien Luke Miels prend les rênes du groupe avec une mission claire : porter le chiffre d’affaires à 53 milliards d’euros d’ici 2031. En juillet, la feuille de route est dévoilée : 2 milliards d’euros d’économies par an d’ici 2029, grâce à l’intelligence artificielle, à l’automatisation et à la simplification des procédures.

Oncologie et essais cliniques : GSK réoriente ses objectifs

Ces économies ne sont pas une fin en soi : elles doivent financer une offensive massive en recherche clinique. GSK veut lancer 25 essais cliniques de phase avancée d’ici la fin de l’année, plus du double de son objectif précédent. Plus de la moitié concerne le cancer, un seul porte sur un vaccin. Le groupe, qui avait abandonné l’oncologie en 2014, y revient en force.

Cette réorientation s’explique aussi par une échéance redoutée : le brevet de son médicament phare contre le VIH expire à partir de 2028. Il faut rassurer les investisseurs et trouver de nouveaux relais de croissance. Les vaccins, eux, sont jugés moins rentables et leur division est clairement dans le viseur des économies annoncées.

Les vaccins sous pression : une érosion qui s’accélère

GSK reconnaît lui-même une érosion de ses vaccins les plus anciens, comme celui contre la grippe, face à de nouveaux concurrents et à des technologies plus récentes. Selon la FGTB, les volumes produits ont reculé d’environ 40% en cinq ans. Depuis le Covid, de petites biotechs bousculent les grands noms. Aux États-Unis, les recommandations vaccinales sont devenues incertaines dans le contexte politique actuel.

La conséquence est déjà visible en Europe : à Dresde, en Allemagne, GSK fermera un site de production de vaccins, supprimant plus de 640 emplois. Un signal fort sur la direction prise par le groupe.

GSK en Wallonie, premier employeur privé, en première ligne

La Belgique occupe une place à part dans l’histoire des vaccins de GSK : Wavre abrite son plus grand site de production mondial, Rixensart son campus historique, Gembloux sa logistique. Environ 8500 personnes y travaillent, faisant de GSK le premier employeur privé de Wallonie. Selon le groupe lui-même, plus de 50% de sa production mondiale de vaccins sort de ces sites belges.

Mais l’érosion avait déjà commencé en silence : de 9107 travailleurs en 2023, les effectifs sont tombés à 8234 en juillet, soit 873 postes en moins, sans plan social. Cette fois, le ton change : c’est la procédure Renault qui est enclenchée.

GSK rassure, les syndicats doutent

Face à l’inquiétude, la direction de GSK tient un discours rassurant sur l’avenir de ses sites belges. Le groupe affirme y investir 300 millions d’euros chaque année, leur reconnaît un rôle "stratégique" et évoque un vaccin à ARN messager en développement. "On ne parle pas du tout de fermeture, au contraire", assure-t-on du côté de la direction.

Mais une autre hypothèse circule du côté syndical : les promesses faites à Donald Trump, soit 30 milliards de dollars investis aux États-Unis sur cinq ans, expliqueraient en partie la refonte. GSK, dont les États-Unis représentent plus de la moitié des ventes, ne l’a pas confirmé. L’Europe, elle, ne pèse que 23% des ventes du groupe.

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