De la viande de cheval dans nos friteries : l’enquête choc de Gaia ! (vidéo)

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Selon vous, nous mangerions de la viande de cheval sans le savoir ?
En août 2026, GAIA a fait analyser en laboratoire des produits carnés achetés dans 25 friteries réparties entre les trois Régions. De l’ADN de cheval a été détecté dans 76 % des établissements examinés – soit 19 sur 25 – et dans 26,8 % des échantillons analysés, soit 33 échantillons sur 123 snacks de plusieurs catégories couramment vendues en friterie analysés par un laboratoire accrédité.
Dans quel type d’aliment ?
Fricandelle, boulettes, cervelas, croquettes de viande, mexicano, viandelle, picanto : près d’un tiers contenait de la viande de cheval, sans que cela soit mentionné nulle part.
Qui est responsable ?
Nous n’accusons pas les frituristes (le dialogue a été franchement bon avec eux) qui ne sont pas ou mal informés par leurs grossistes. Nous leur demandons évidemment de ne plus acheter ce type de produit sans s’informer. Nous rappelons aussi que cette viande a quasiment disparu des rayons de la grande distribution – Delhaize, Lidl ou Albert Heijn ayant cessé d’en vendre.
Que demandez-vous concrètement ?
Nous invitons les citoyens à se mobiliser. Nous lançons une pétition (gaia.be/viande-cheval) pour interpeller les ministres régionaux compétents, la question du bien-être animal relevant en Belgique des Régions et non du Fédéral. L’objectif est de convaincre au moins l’une des trois Régions de bouger, en espérant un effet d’entraînement – sur le modèle de ce qui s’est produit avec la viande de kangourou, que la Flandre s’apprête à interdire par décret, alors que Bruxelles et la Wallonie n’ont pas encore légiféré. Nous demandons aussi de reconnaître les équidés comme animaux de compagnie et de les exclure de la chaîne alimentaire. Il est aussi important de mettre fin à leur abattage à des fins de consommation humaine. Enfin, il faut interdire, sur l’ensemble du territoire, la commercialisation de cette viande y compris lorsqu’elle entre dans la composition de préparations transformées. Comme en Grèce – où ils ont interdit tout simplement l’abattage et la commercialisation de la viande de cheval –, nos responsables politiques doivent agir.
Pensez-vous que les responsables politiques vont agir ?
Notre expérience montre qu’il est souvent plus facile de convaincre un distributeur d’arrêter de vendre un produit que de faire voter une loi. Cette démarche crée ensuite un argument politique – si le secteur privé a déjà renoncé à une pratique, il devient plus facile de demander au législateur de l’interdire formellement. Nous avons appliqué cette logique avec succès à la viande de kangourou.
Et en ce qui concerne les boucheries chevalines ?
Dans une boucherie spécialisée, l’achat de viande de cheval relève d’un choix conscient. Ce n’est pas le cas lorsqu’elle est incorporée dans un produit transformé. Pour les boucheries chevalines, nous ne sommes pas contre le fait que les responsables politiques mettent en place un délai de transition…
Vous dites que la Belgique est une plaque tournante de la viande chevaline ?
En effet, les flux commerciaux dépassent largement la production issue des abattages réalisés en Belgique. En 2025, la Belgique a importé un volume de viande équivalent à 38.500 équidés (12.268 tonnes de viande de cheval) et en a exporté l’équivalent estimé de 26.800 équidés (8.560 tonnes). Je rappelle que, selon le Centre européen du cheval de Mont-le-Soie, la Belgique compterait environ 400.000 équidés.
Rien n’a été retenu du scandale de la viande de cheval dans les lasagnes en 2013 ?
Les quinze dernières années montrent une récurrence des fraudes et des problèmes de traçabilité. Après 2013, en décembre 2022, Europol et les autorités nationales espagnoles ont démantelé un réseau falsifiant puces et documents de chevaux inaptes à la consommation. La viande était écoulée en Europe, notamment en Belgique. Six arrestations ont eu lieu en Belgique…
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