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Wednesday, November 4, 2026

Procès Ullens : le parquet requiert 25 ans de réclusion contre Nicolas Ullens, reconnu coupable d’assassinat

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L’avocate générale Laure Wynants a requis mercredi une peine de 25 ans de réclusion à l’encontre de Nicolas Ullens de Schooten, reconnu coupable de l’assassinat de sa belle-mère Myriam Lechien. Le procès a repris mercredi matin devant la cour d’assises du Brabant wallon, à Nivelles, après près d’un mois d’interruption.

« Nous parlons d’un assassinat. Vous avez considéré que l’accusé avait agi avec préméditation, qu’il avait réfléchi à son acte avant de le commettre », a rappelé la magistrate aux jurés. Elle a souligné que ces derniers avaient exclu l’hypothèse d’une perte totale de contrôle, estimant que Nicolas Ullens avait agi de sang-froid et privé sa victime de toute chance de survie. « Cette réflexion doit guider la peine », a-t-elle insisté.

« Votre responsabilité, à vous les jurés, consiste aujourd’hui à fixer une peine juste, proportionnelle à la gravité des faits », a poursuivi l’avocate générale. Si l’assassinat est passible de la réclusion à perpétuité, plusieurs éléments doivent également être pris en considération en faveur de l’accusé, notamment l’absence d’antécédents judiciaires, son intégration sociale et professionnelle, son âge ou encore le fait qu’il se soit présenté à la police après les faits.

Des regrets nuancés

Laure Wynants a également évoqué les regrets exprimés par Nicolas Ullens au cours de la procédure, tout en appelant à les nuancer. Elle a rappelé que l’accusé avait contesté la préméditation jusqu’au bout. S’il a entrepris des démarches pour renouer le dialogue avec son père, décédé depuis lors, son cheminement reste, selon elle, essentiellement centré sur lui-même, plutôt que sur les enfants de la victime ou sur sa sœur, confrontée aux circonstances du crime.

La magistrate s’est également appuyée sur les conclusions des experts psychiatres, qui estiment faible le risque d’un nouveau passage à l’acte. Ceux-ci soulignent néanmoins la nécessité pour l’accusé de se confronter à ses responsabilités et d’apprendre à mieux maîtriser ses émotions. « Je partage cette opinion », a-t-elle déclaré.

Au terme de son réquisitoire, campée dans sa toge rouge et noire, Laure Wynants a estimé qu’une peine de 25 ans de réclusion constituait la réponse pénale la plus juste, tenant compte à la fois de la gravité des faits et des éléments favorables à l’accusé.

Le 6 octobre dernier, les jurés avaient reconnu Nicolas Ullens coupable de l’assassinat de Myriam Lechien, abattue de six balles le 29 mars 2023 à Ohain (Lasne). L’accusé avait reconnu les faits, mais contestait toute préméditation. Celle-ci constituait l’enjeu central du procès, la défense plaidant le meurtre tandis que le ministère public et les parties civiles soutenaient la qualification d’assassinat.

Demande de récusation

Les débats avaient été suspendus le 7 octobre, à la suite d’une demande de récusation introduite par Me Jean-Philippe Mayence, avocat de la défense, contre le président de la cour d’assises, Pierre Delcour, et ses deux assesseurs. L’avocat leur reprochait d’être intervenus dans le vote sur la préméditation, aux côtés des douze jurés, qui s’étaient prononcés à sept voix contre cinq. Il dénonçait une irrégularité de procédure.

La Cour de cassation a rejeté cette demande le 21 octobre, permettant au procès de reprendre devant les mêmes magistrats.

Me Quentin Mayence, avocat de la défense, a ensuite pris la parole pour plaider sur la peine. Nicolas Ullens aura ensuite la possibilité de s’exprimer une dernière fois avant que la cour et les jurés ne se retirent pour délibérer. Le prononcé de la peine pourrait intervenir dans la journée.

La défense de Nicolas Ullens de Schooten, reconnu coupable, il y a un mois, de l’assassinat de sa belle-mère Myriam Lechien en mars 2023, a demandé mercredi à ce que l’accusé soit condamné à une peine de cinq ans de prison avec sursis probatoire. Les avocats Quentin et Jean-Philippe Mayence ont invité les jurés à ne pas renvoyer leur client derrière les barreaux.

En début d’audience, l’avocate générale Laure Wynants avait requis, lors d’une intervention d’à peine quinze minutes, une peine de 25 ans de réclusion à l’encontre de Nicolas Ullens, rappelant qu’il avait été condamné pour assassinat et donc pour avoir agi avec préméditation.

Durant près d’une heure trente, Me Quentin Mayence, qui n’avait pas encore pris la parole durant ce procès, s’est adressé aux jurés, qui étaient tous présents pour la reprise des débats après un mois d’interruption pour des raisons procédurales.

Dans sa plaidoirie, il a énuméré les circonstances atténuantes qui doivent profiter, selon lui - et selon le droit, comme il l’a rappelé - à son client. Il a particulièrement insisté sur le contexte émotionnel entourant les faits, qui est, à ses yeux, «LA circonstance déterminante à retenir».

Pour la défense, l’objectif a été de convaincre les jurés de ne pas renvoyer Nicolas Ullens en prison, après les sept mois de détention préventive passés à la prison de Nivelles entre le jour des faits et le mois d’octobre 2023 puis les deux ans et demi sous surveillance électronique.

Me Quentin Mayence a dès lors demandé aux jurés d’accorder à l’accusé du sursis probatoire. Si aucun sursis ne lui est accordé, quelle que soit la peine prononcée, il devra retourner en prison, a-t-il résumé. Le droit belge ne prévoit pas une période de sursis plus longue que cinq ans, raison pour laquelle il a plaidé en faveur d’une peine de cinq ans de prison avec sursis probatoire.

«Je n’ai pas d’autre possibilité pour ne pas l’envoyer en prison. Si j’avais pu, je vous aurais demandé 10 ans ou 15 ans de prison avec sursis, mais ce n’est pas possible», a dit l’avocat, ajoutant être «certain qu’on entendra plus jamais parler de celui-là».

«La société dans son ensemble n’a rien à gagner à remettre Nicolas Ullens en prison», a conclu Me Mayence.

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