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Sunday, November 1, 2026

Bas-Saint-Laurent | Une base navale dans la ligne de mire

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(Ottawa) Trois maires, une seule mission : convaincre le gouvernement Carney d’établir une base navale permanente dans le Bas-Saint-Laurent.

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Voilà presque six mois que les maires de Mont-Joli, Martin Soucy, de Rimouski, Guy Caron, et de Matane, Eddy Métivier, ont décidé d’unir leurs forces afin de réaliser ce projet ambitieux qui verrait la Marine royale canadienne (MRC) jeter l’ancre pour de bon dans leur coin de pays dans le but de se doter d’une troisième base navale.

À l’heure actuelle, la marine possède deux bases navales principales : l’une à Halifax, qui représente la plus grande base militaire du pays et compte un effectif de 7500 militaires pour les manœuvres dans l’océan Atlantique, et la seconde dans l’Ouest, à Esquimalt, dans l’île de Vancouver, qui emploie 4000 militaires pour surveiller l’océan Pacifique.

Selon les trois maires, la construction d’une troisième base navale dans l’est du Québec serait avantageuse sur plusieurs fronts : la possibilité de recruter plus de francophones au sein de la marine, un accès maritime plus rapide vers le Nord, un milieu de vie familial attrayant et l’accès à de vastes terrains à Mont-Joli qui servaient autrefois à une base militaire.

L’idée serait d’avoir les navires ancrés à Matane, qui offre un port en eau profonde, d’établir la base et les habitations des familles de militaires à Mont-Joli et d’utiliser le pôle de Rimouski – une ville de 50 000 habitants ayant un savoir maritime reconnu – pour offrir la gamme de services en santé, en éducation et en loisirs, entre autres, afin de répondre aux besoins des familles de militaires.

Mieux encore, la future base pourrait accéder à un bloc d’énergie de 25 mégawatts.

« Notre projet, c’est une proposition clés en main », a lancé d’emblée le maire de Rimouski, Guy Caron, qui était de passage à Ottawa, en compagnie de ses deux collègues, afin de faire la promotion de cette idée et d’en expliquer les tenants et aboutissants à La Presse.

Le maire de Mont-Joli, Martin Soucy, a précisé que l’idée de construire une base navale dans sa région avait germé lorsqu’ils avaient entendu au printemps le vice-amiral de la marine, Angus Topshee, déplorer la difficulté d’attirer des recrues francophones au sein de son organisation.

PHOTO DARRYL DYCK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Angus Topshee, à l’époque vice-amiral, et le premier ministre Mark Carney, en août 2025

Le haut gradé militaire, qui a depuis été promu au poste de vice-chef d’état-major de la Défense, évoquait alors d’idée de construire une base dans l’est du Québec comme solution, afin d’augmenter le recrutement de francophones.

Passé militaire dans la région

En mai, M. Soucy était venu à Ottawa afin d’assister au salon CANSEC, qui rassemblait plus de 300 entreprises du secteur de la défense. Son objectif était de convaincre des dirigeants de venir installer leurs pénates dans le parc industriel de quelque 12 millions de pieds carrés de terrains, qui formaient autrefois les limites d’une base à Mont-Joli.

« Cette base militaire, durant la Seconde Guerre mondiale, était une école de bombardiers qui servait à former les pilotes du Commonwealth. Le gouvernement canadien avait choisi cet endroit stratégique comme entrée du fleuve Saint-Laurent. On utilisait la base pour s’entraîner à détecter des sous-marins », a raconté M. Soucy, précisant que la base a servi après pour les activités du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) dans les années 1980, avant d’être démantelée dans les années 1990.

« À l’époque, il y avait 5000 militaires sur cette base », a ajouté le maire Soucy, pour souligner le grand potentiel qu’offre sa municipalité. Les terrains ont été décontaminés et ont été cédés à Mont-Joli par Transports Canada en 2018.

Devant les intentions du gouvernement Carney d’augmenter massivement les dépenses en matière de défense, M. Soucy y voit une occasion en or de faire renaître le passé militaire de sa région.

Et l’ambition du vice-amiral de prendre les moyens qui s’imposent pour augmenter le nombre de recrues francophones « n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd ».

« J’ai 12 millions de pieds carrés prêts à construire, une ancienne base militaire avec un passé. Mais il faut se faire connaître. À Mont-Joli, on sait très bien que tout seuls, on ne peut pas réaliser un projet pareil », a dit Martin Soucy.

On a besoin d’alliés. Le Bas-Saint-Laurent doit s’unir pour présenter le projet et dire au gouvernement canadien que s’il a l’intention d’avoir une nouvelle base navale, on est prêts.

Martin Soucy, maire de Mont-Joli

Les alliés qu’il souhaitait avoir ont été rapidement convaincus.

« Nous sommes trois villes qui avons tous les atouts recherchés et qui apportons une solution au gouvernement canadien s’il veut établir une base navale à l’entrée du golfe Saint Laurent », a soutenu le maire de Matane, Eddy Métivier, ajoutant qu’une telle base pourrait réduire le temps d’une mobilisation stratégique pour des expéditions dans le Grand Nord.

Il a aussi souligné que la région de Matane offre des installations pour faire l’entretien et la réparation de navires.

Martin Soucy, lui, a tenu à souligner que les pistes d’atterrissage de l’aéroport de Mont-Joli sont suffisamment grandes pour que des Hercules puissent y atterrir.

Combien pourrait coûter un tel projet ? Impossible de le dire sans connaître les intentions du gouvernement fédéral. « On travaille présentement à faire l’analyse, par exemple, de l’impact que ça va avoir pour le gouvernement et pour nous d’avoir une telle base. Il y a déjà un mémoire qui est en rédaction », a indiqué Guy Caron.

Cette semaine, les trois maires ont réalisé un autre objectif de leur mission : expliquer ce projet aux ministres et aux élus du gouvernement durant leur séjour dans la capitale fédérale. Et ils soutiennent que la réception a été plus que positive. « Si le gouvernement décide d’aller de l’avant, je suis très confiant », a dit le maire de Rimouski.

La prochaine étape consiste à inviter les hauts gradés militaires à visiter leur région.

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