El Niño : ce que les scientifiques viennent de découvrir sur l'été 2026 en France est troublant

L'été qui vient de s'écouler a réussi à dépasser les prévisions les plus pessimistes sur la chaleur attendue en Europe : dès le mois de janvier, les prévisions saisonnières envisageaient un été anormalement chaud en Europe de l'ouest, et spécialement en France. Au final, cet été 2026 se sera situé encore un cran au-dessus de ce que les météorologues imaginaient : il s'est hissé à la première place du podium des étés les plus chauds jamais enregistrés en France (+3,6 °C par rapport à la normale 1991-2020). Avec 70 jours consécutifs de températures au-dessus des normes ont été relevés et 442 records de chaleur mensuels et absolus.
— Mystere Météo (@MystereMeteo) August 15, 2026???????????? Température moyenne* du bimestre juin juillet en France depuis 1750.
2026 écrase tous les précédents records d'une marge considérable. Été historiquement chaud rendu possible par le réchauffement climatique d'origine anthropique.
*en termes d'écart à la moyenne 1850-1900. pic.twitter.com/ECbdAuoSBp
« Des caractéristiques liées à El Niño » au cours de l'été dernier en Europe
Ce n'est pas une surprise dans un contexte de réchauffement climatique, lequel touche la France de manière encore plus violente que la majorité du reste du monde. Mais y aurait-il eu un autre paramètre aggravant ? Jusqu'à maintenant, les météorologues et climatologues s'accordaient plutôt sur le fait que le phénomène El Niño, qui a débuté en juin dernier, était trop récent pour avoir déjà eu un impact en France.
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Ses effets devraient plutôt se faire sentir cet hiver, et l'été prochain (2027) dans notre partie du monde. Cependant, un rapport d’Eumetsat, l'Agence européenne de satellites météorologiques, vient apporter des conclusions différentes. En 1991, 1997, 2009, 2015, 2018 et 2023, « durant les étés El Niño, le temps en Europe était généralement plus chaud, plus ensoleillé et plus sec que la normale, tandis que durant les étés La Niña, il était généralement plus frais, plus nuageux et plus humide ».
Les différences de températures, d'ensoleillement, d'humidité du sol, et des précipitations observées lors des phases El Niño en comparaison aux phases La Niña, en Europe lors des 30 dernières années. © EUMETSAT
Et l'été dernier ne présente pas seulement les caractéristiques du réchauffement climatique d'origine humaine, mais également une signature claire d'El Niño : « jusqu'à présent, l'été européen de 2026 observé présente globalement des caractéristiques liées à El Niño. La saison a été marquée par une chaleur prolongée et une sécheresse persistante en Europe occidentale et dans certaines régions d'Europe centrale. Des conditions particulièrement sèches ont été observées en France, en Espagne, en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, au Royaume-Uni et dans les régions limitrophes. Conjuguées à un fort ensoleillement, ces conditions ont entraîné une sécheresse extrême des sols et une augmentation du risque d'incendies de forêt ».
Des études ultérieures seront nécessaires pour quantifier l'influence exacte d'El Niño sur cet été 2026 record.
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