L’automne a commencé cette nuit, mais quelque chose ne tourne plus rond dans la nature

Depuis ce matin 2 heures, 5 minutes et très exactement 8 secondes, quelque chose a changé. Vous l'avez remarqué ?
Avant l’hiver, voici comment aider son immunité sans tomber dans le piège des faux « boosters »
À l'approche de l'automne, les premiers frissons nous rappellent que les virus nous guettent. Vitamines, compléments alimentaires, cures détox font leur grand retour. Mais le système immunitaire ne se stimule pas sur simple demande. Alors comment faire pour préparer son organisme à lutter contre les maladies hivernales ? La solution pour renforcer nos défenses est peut-être plus simple qu’il n’y paraît.... Lire la suite
La Terre a basculé du côté obscur. Dans sa course autour du Soleil, elle a franchi un point particulier : celui où la durée du jour égale la durée de la nuit. Les astronomes l'appellent l'équinoxe d'automne - pour l'hémisphère nord, s'entend.
Traditionnellement, c'est à l'arrivée de l'automne que la luminosité et les températures baissent. Les feuilles changent de couleur puis tombent des arbres. Et la nature se prépare à affronter l'hiver. Elle produit en abondance des baies et des graines sauvages ainsi que des fruits à coques riches en acides gras qui pourront alimenter notamment les oiseaux ou les mammifères forestiers. Les insectes, eux, se font plus rares et poussent leurs prédateurs stricts à la migration ou à l'hibernation.
La nuit prochaine à 00h05 UTC (02h50 locales), l'équinoxe d'automne va se produira dans l'hémisphère nord.
— Keraunos (@KeraunosObs) September 22, 2026
La durée du jour décline rapidement à cette période. A Paris, on aura perdu près de 30 min de jour d'ici la fin du mois. pic.twitter.com/2RiyUKBNGd
Le grand dérèglement de l’horloge biologique
Mais depuis quelque temps, les choses changent.
La durée du jour continue bien de diminuer. Elle dépend de l'inclinaison de la Terre sur son orbite. C'est le seul paramètre immuable de notre histoire. Et le signal majeur, pour de nombreuses espèces, que l'hiver arrive.
Comment les Anciens célébraient les équinoxes et les solstices
Alors que le printemps vient officiellement de commencer dans l'hémisphère Nord, Futura se penche sur des phénomènes parfois méconnus mais intrigants : les équinoxes et les solstices. Célébrés par diverses cultures à travers le monde, ces événements annuels ont aussi été marqués par la construction d'ouvrages architecturaux remarquables et de rituels parfois étonnants.... Lire la suite
Ce « top départ » à des changements de comportement a tout de même besoin de quelques relais pour se traduire en réel basculement de la nature.
Pourquoi les arbres ne savent plus quand perdre leurs feuilles
Les feuilles du hêtre commun (Fagus sylvatica) tombent plusieurs jours en retard à l’automne. De quoi gravement perturber l’horloge biologique de l’arbre : en octobre, il continue de produire de la sève au lieu de rapatrier ses nutriments vers ses racines. S’il subit un coup de froid brutal en novembre ou une tempête d’automne précoce, il est pris de court, ses feuilles vertes gèlent sur pied, ce qui affaiblit considérablement sa réserve énergétique pour l’année suivante. © Buffy1982, Adobe Stock
C'est là que commencent les problèmes.
Avec le réchauffement climatique, l'été a tendance à jouer les prolongations. Vous profitez d'ailleurs peut-être ces jours-ci de ces températures anormalement chaudes pour la saison.
????️Cette semaine du 21 au 27 septembre s'annonce de nouveau chaude et estivale sur la #France, notamment sur une large moitié sud où les températures seront situées 3 à 6°C au-dessus des normales de la période.
— Guillaume Séchet (@Meteovilles) September 21, 2026
Carte : ECMWF pic.twitter.com/G3kxjgj6If
Des données satellitaires, elles, montrent que le jaunissement des feuilles est retardé de 3 à 4 jours par décennie depuis les années 1980, en lien direct avec l'augmentation de la température à l'automne.
À défaut de vraie baisse du thermomètre pour figer le système, les feuilles restent vertes plus longtemps et les arbres risquent de perdre de leur capacité à se protéger du froid à venir.
Le piège invisible des automnes trop doux
Le Gobe-mouche noir (Ficedula hypoleuca) déclenche sa migration vers l’Afrique quand les jours raccourcissent d’une durée précise. Mais avec les températures automnales élevées, les insectes restent actifs en France après son départ. Pire, au printemps suivant, l’oiseau reviendra après le pic de nourriture fourni par des chenilles qui sortent avec 10 à 15 jours d’avance. © Monikasurzin, Adobe Stock
Les conséquences de ces anomalies de températures ne s'arrêtent pas là. La nourriture est normalement calibrée pour se concentrer et s'épuiser à des moments précis. Mais le calendrier est aujourd'hui perturbé.
Des automnes plus doux permettent à certains insectes de maintenir plus tard leur cycle de reproduction : les chenilles et les pucerons, par exemple. Et le réchauffement modifie aussi la période d'arrivée à maturité des baies.
Les couleurs chatoyantes de l'automne par Philippe Sainte-Laudy
L’automne est une saison de transition, une saison de passage vers un autre état… de l’été à l’hiver. Il nous prépare aux rudesses du climat hivernal mais conserve encore le souvenir de la brûlante énergie estivale en colorant nos paysages de couleurs flamboyantes. D’un soleil au zénith, nous nous acheminons vers les douces braises crépitantes d'une chaleur intérieure. Saison des moissons et des récoltes, l’automne est pourtant celle qui nous prépare au dépouillement, ainsi, comme le fruit mûr se dissocie de l’arbre, comme l'arbre perd ses feuilles, toute chose est amenée à changer, à abandonner son état premier pour mieux préparer un nouveau cycle de vie et de renaissance.Car, c'est à l’automne que se plante le futur, comme nous le rappelle si bien l'adage « À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine ». Alors réjouissons-nous de ces feuilles qui tournoient, légères dans le vent, enivrons-nous des senteurs de sous-bois, humons ces parfums de champignons, dégustons ces châtaignes grillées au feu de cheminée, et admirons ces belles photos de Philippe Sainte-Laudy qui nous emmène en forêt auprès de nos arbres pour un grand bol d'oxygène.Quelques conseils sur la photographie en automne... Lire la suite
Résultat, des oiseaux migrateurs quittent nos latitudes alors que les insectes volants y sont encore présents en nombre. À l'inverse, ils peuvent se retrouver surpris à leur arrivée sur leurs sites d'hivernage par une végétation en retard sur le calendrier à cause des sécheresses ou d'anomalies thermiques estivales.
Des signaux de l'automne qui arrivent en retard, ce sont donc surtout des chaînes alimentaires qui se brisent. La saison n'est plus celle de la transition douce, mais celle d'un chaos où les espèces sensibles à la météo et les espèces calées sur la lumière manquent leurs rendez-vous. Face à ce décalage chronique, une question demeure : les espèces les plus rigides parviendront-elles à adapter leur horloge interne à temps ou assisterons-nous à un déclin irréversible de certains maillons de notre biodiversité ?
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