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Monday, September 14, 2026

Pragmatisme, autonomisme et aide aux victimes au menu de la campagne

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Au départ d’une semaine qui sera marquée par deux débats télévisuels, le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) ont dévoilé dimanche des mesures pour aider les femmes victimes de violence, tandis que le Parti libéral du Québec (PLQ) a, lui, présenté un cadre financier dépourvu de « poudre magique » pour séduire les électeurs.

La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, a livré une allocution à forte teneur « autonomiste » devant des militants réunis à Kingsey Falls, dans le Centre-du-Québec. Le chef conservateur, Éric Duhaime, a quant à lui pris une pause dimanche, au lendemain d’une virée au Festival Western de St-Tite.

À Québec, le chef libéral, Charles Milliard, est sorti de son autocar de campagne revampé pour présenter un cadre financier « réaliste », « pragmatique » et « qui ne lance pas de poudre magique à personne ». Le véhicule qu’il utilise pour sillonner le Québec depuis le 27 août affiche désormais son portrait.

« Moi, je m’adapte. Reconnaître une erreur, qu’est-ce que ça change en fait ? », a demandé le chef du PLQ aux journalistes qui l’interrogeaient sur le nouveau design de son véhicule. « Les gens nous ont dit : “vous voulez être premier ministre, on veut vous voir la face, au propre et au figuré”. Alors, je la mets ce matin », a-t-il ajouté. L’autocar libéral combine donc, désormais, l’image du chef avec le slogan « Rassembler. Réparer. Bâtir », en plus de la phrase « On est là » et d’autocollants nommant des engagements et des circonscriptions du Québec.

Notre autobus se refait une beauté ce dimanche! 🚌 Il était prévu qu'il évolue au fil de la campagne, mais j'ai aussi entendu vos commentaires sur le terrain : vous vouliez me voir davantage. Message reçu! Au @LiberalQuebec, on est à l'écoute et on n'a pas peur de s'ajuster. #PLQpic.twitter.com/kFIni2jpCG

— Charles Milliard (@CharlesMilliard) September 13, 2026

Pas d’austérité, selon Milliard

Dans son cadre financier, le PLQ propose de limiter la croissance des dépenses de portefeuilles à 1 % de 2028 à 2030, en excluant le service de la dette. M. Milliard s’est défendu de proposer un retour vers l’austérité.

« Il n’y aura aucune coupe de services en santé, en éducation et en culture », a-t-il garanti. Ailleurs dans les ministères, son parti promet de supprimer 12 000 postes. Le PLQ compte aussi rétablir le paiement de la « taxe de bienvenue » et de la TVQ sur des produits d’épicerie récemment détaxés par la CAQ. Pour gonfler les revenus, les libéraux misent surtout sur l’encadrement du jeu illégal en ligne, l’augmentation des transferts fédéraux et la lutte contre l’évasion fiscale et la cybercriminalité.

De Longueuil, où il entre dans une préparation intensive pour les débats télévisuels de mardi et mercredi, le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a raillé l’idée de miser sur des « transferts magiques » découlant de « négociations hypothétiques ». Le cadre financier péquiste sera quant à lui déposé mardi, en l’absence du chef du parti.

En répétition pour les débats, « PSPP », préfère miser sur son « excellente équipe économique » pour défendre les choix budgétaires du PQ.

Aux libéraux, il a d’ailleurs lancé des fleurs. « En général, [ce] que j’ai vu du cadre budgétaire libéral est plus crédible que ce que les autres partis ont fait », a-t-il dit. Est ensuite venu le pot. « Le Parti libéral a fait ses arbitrages de manière à être, peut-être, un peu plus prudent que lors de la dernière élection, quand il avait oublié 6 milliards », a-t-il rappelé. En 2022, le PLQ avait, en fait, sous-estimé la dette du Québec à hauteur de 12 milliards de dollars.

De l’aide pour les femmes

Sur un tout autre sujet, le PQ a promis dimanche de construire six nouvelles maisons d’hébergement de première étape, afin d’offrir entre 70 et 80 nouvelles places en hébergement d’urgence pour les victimes de violence conjugale. Le parti veut aussi investir 87 millions sur quatre ans pour soutenir les maisons d’hébergement.

Déjà 14 femmes ont été tuées par leur conjoint depuis le début de 2026.

De son côté, QS a promis d’allouer 600 millions de dollars pour construire jusqu’à 1000 nouvelles places en maisons d’hébergement dans un premier mandat. Le parti veut aussi créer un ministère des Femmes et de l’Égalité des genres et accorder dix jours d’absence rémunérée aux personnes victimes de violence conjugale, aux frais de l’employeur.

Sur la base d’une initiative néo-zélandaise appelée Netsafe, QS souhaite créer un service en ligne qui permettrait à des intervenants de contacter directement les auteurs de harcèlement en ligne puis d’obtenir l’ordonnance d’un juge pour que le comportement harcelant cesse.

Invitée à commenter le cadre financier libéral, la cheffe parlementaire solidaire, Ruba Ghazal, a répondu avec scepticisme. « J’ai vu neiger », a-t-elle lâché. « C’est quoi le taux de l’inflation ? On a dépassé le 3 %. Quand les dépenses ne suivent pas le taux de l’inflation, c’est : des coupures et de l’austérité. »

Fréchette, pro-autonomie

De son côté, la cheffe de la CAQ, Christine Fréchette, n’a pas échangé avec les journalistes dimanche.

À Kingsey Falls, elle a livré un discours axé sur l’autonomie devant quelques centaines de militants. « Chouuuuu », ont crié ceux-ci pour désapprouver de l’agenda libéral ou de l’attitude du PQ, qui attend « une victoire référendaire avant d’agir », selon la cheffe caquiste.

« Nous sommes la coalition de ceux qui ont déjà voté “oui” et de ceux qui ont déjà voté “non” », a-t-il celle qui refuse de dire dans quel camp elle loge désormais. « [Nous sommes] la coalition de ceux qui croient que le Québec peut prendre sa place dans le Canada sans jamais renoncer à son identité », a-t-elle ajouté, non sans préciser qu’une troisième victoire est « à notre portée ».

Réagissant à son discours, le chef du PQ a rappelé que parmi les demandes émanant du « Nouveau projet pour les nationalistes », présenté par la CAQ en 2015, aucune n’avait obtenu une réponse favorable de la part d’Ottawa.

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